Geneviève Lamy est estomaquée d’avoir écopé d’une contravention pour non-respect du règlement sur l’arrosage, alors qu’elle plaide que sa fille de 13 ans, Félicia, utilisait le boyau pour remplir des ballons d’eau.

À l’amende pour des ballons d’eau

La patrouille verte de Granby a mis fin mardi à une guerre entre deux protagonistes... âgées de 6 et 13 ans. Celles-ci s’amusaient à se rafraîchir, armées de ballons remplis d’eau, ce qui a valu à leur mère une contravention de 102$ liée au règlement sur l’arrosage. Une situation que la principale intéressée qualifie d’« abusive » et « ridicule ».

Geneviève Lamy ne décolère pas. Si le patrouilleur avait fait preuve de jugement, estime-t-elle, jamais il n’aurait sorti son livret de contraventions dans un tel contexte. « Si on m’avait prise, moi, une adulte, en train d’utiliser illégalement l’eau, c’est une chose. Mais que mes filles prennent le boyau dehors pour remplir des ballons d’eau pour jouer et qu’on me dise que ma plus vieille arrose ma cour, c’est grave », déplore-t-elle.

Lors du passage de La Voix de l’Est, mercredi, les débris de ballons jonchaient encore la cour asphaltée de la demeure de la rue St-Viateur. L’intervention du membre de la patrouille verte a eu lieu vers 16h30 la veille. « Ma petite soeur était en costume de bain, cachée derrière des arbres en avant de la maison. Je remplissais des ballons d’eau pour lui envoyer, raconte Félicia, 13 ans. C’est évident que j’avais la hose dans les mains. Un moment donné, j’ai vu un homme arriver en vélo. Il m’a dit “madame, je peux avoir une carte d’identité”. Je lui ai répondu que je ne suis pas une madame, mais une enfant. »

Responsabilité
Geneviève Lamy dit être intervenue peu de temps après l’arrivée du patrouilleur. « Je me suis rendu compte qu’un inconnu parlait à ma fille, alors je suis sortie de la maison. L’homme m’a dit qu’elle arrosait l’asphalte, qu’elle avait enfreint la loi et que ça méritait un ticket. Et comme elle a 13 ans, je suis responsable. J’ai argumenté un bout, mais il m’a dit que si je ne collaborais pas, il allait appeler la police et ça coûterait plus cher », indique-t-elle.

« Le plus frustrant, c’est que [le patrouilleur] m’a dit que des jeunes qui s’arrosent avec le boyau, c’est toléré », renchérit-elle, ulcérée, en brandissant sa contravention.

Comme motif, le représentant de la Ville a coché la case « autre » précisant « avoir procédé au lavage d’aire de stationnement ».

Mea culpa
Peu de temps après que La Voix de l’Est ait interpellé la municipalité de Granby dans le dossier, mercredi, celle-ci a fait volte-face.

Serge Drolet, coordonnateur en environnement à la Ville, a ainsi confirmé que le constat émis à Mme Lamy sera retiré.

« On a discuté à l’interne de l’événement. Et comme c’est une mineure qui a fait l’infraction, compte tenu que l’adulte n’était pas à proximité, on préconise la sensibilisation. [...] C’est une erreur de jugement que le patrouilleur a réalisé. On l’a sensibilisé. [...] On a passé le message à l’entièreté de l’équipe », fait-il valoir, précisant que les membres de la patrouille verte sont des étudiants en technique policière.

Cette escouade est-elle assujettie à des quotas de contraventions ? « Il n’y a aucun quota, assure M. Drolet. On est davantage en mode de félicitations. Entre autres si les citoyens utilisent l’arrosage au bon moment ou s’ils lavent leur auto à la main. Il y a aussi beaucoup d’avertissements. »