Le Zoo de Granby a retenu l'attention à l'automne 2015 en réalisant une première nord-américaine pour les léopards de l'Amour: la naissance de petits félins par césarienne.

À la rescousse des léopards de l'Amour

Le Zoo de Granby veut se spécialiser dans la reproduction des léopards de l'Amour, une espèce en danger critique d'extinction. L'arrivée prochaine de Hope, une jeune femelle en provenance d'un zoo de Finlande, devrait y contribuer.
Karl Fournier, directeur des soins animaliers.
« On est en train de se positionner comme un joueur important pour l'espèce. Notre souhait, c'est de garder à l'année longue deux couples reproducteurs », a expliqué à La Voix de l'Est le directeur des soins animaliers, Karl Fournier. 
Des investissements de 130 000 $, supportés par la Fondation du Zoo, sont en cours pour ajouter deux parcs extérieurs, non visibles du public, aux quartiers de l'espèce. Les léopards de l'Amour sont de nature plutôt solitaire et nécessitent beaucoup d'espace, fait valoir M. Fournier. 
Le Zoo de Granby a retenu l'attention à l'automne 2015 en réalisant une première nord-américaine pour l'espèce : la naissance de deux léopardeaux par césarienne. La femelle Megan ayant eu trois mises bas infructueuses au cours des années précédentes, l'intervention avait été soigneusement planifiée pour permettre aux petits félins - deux mâles - de voir le jour. Un seul, Baïko, a toutefois survécu. L'autre est mort deux semaines après sa naissance. 
Couples
Actuellement, le Zoo compte quatre léopards de l'Amour : trois mâles (Dimitri, Baïko et Argoun) et une femelle (Megan). Dans un monde idéal, Dimitri et Megan, les parents de Baïko, se reproduiront une dernière fois cette année, tous deux se faisant vieillissants. 
Baïko et Hope, dont l'arrivée est prévue au début de la semaine prochaine, est un des couples que le Zoo espère voir se reproduire. Cela pourrait cependant n'être que dans deux ans, car ils n'ont pas encore atteint leur maturité sexuelle. 
Au Zoo depuis environ trois ans, Argoun a aussi une « bonne valeur génétique ». Pour l'heure, aucune femelle n'a encore été ciblée pour sa reproduction. Mais il est clair qu'il sera appelé à jouer un rôle dans les efforts de reproduction de l'espèce au Zoo. Il prendra le relais de Dimitri, explique Karl Fournier. 
Selon lui, tout le travail du Zoo auprès des léopards de l'Amour n'est pas laissé au hasard. La génétique de chacun des individus - et des couples à être formés - est encadrée de façon très serrée par l'AZA (Association of zoos and aquariums) et le SSP (Species survival plan).
Menacée
Karl Fournier affirme qu'il ne resterait plus que de 60 à 70 léopards de l'Amour en nature dans de petites régions de la Russie et de la Chine. « C'est l'espèce de félin la plus menacée au monde », dit le directeur des soins animaliers. 
La survie des léopards de l'Amour est donc source de préoccupation pour la communauté scientifique. La réintroduction en nature est même envisagée, avec la collaboration des zoos. Mais cela ne se fera pas du jour au lendemain, précise M. Fournier. 
« Les zoos travaillent de façon étroite ensemble pour avoir la meilleure génétique possible, dans l'éventualité de faire un jour de la relâche (en nature). C'est pourquoi le nombre d'individus doit augmenter. Et on devient un participant actif en ayant deux couples. On veut faire notre effort pour reproduire l'espèce », dit Karl Fournier­ en précisant qu'il n'est cependant pas envisagé pour le moment que les léopardeaux qui verront le jour à Granby soient inclus dans le projet de relâche en nature. 
« On participe déjà à divers programmes, mais on s'est rendu compte qu'on a un certain succès avec les léopards de l'Amour. D'autres institutions et le SSP nous regardaient aller et trouvaient qu'on avait une belle place à prendre. Et on voyait que la place était libre. C'est là qu'on a décidé de développer une expertise supplémentaire dans une espèce qui, en plus, nous interpelle parce qu'elle est en danger critique d'extinction », fait valoir le directeur des soins animaliers.