Jennifer Ruggins Muir récolte la rhubarbe pour que le menu de la cafétéria de la Knowlton Academy soit bonifié.
Jennifer Ruggins Muir récolte la rhubarbe pour que le menu de la cafétéria de la Knowlton Academy soit bonifié.

À la recherche de rhubarbe

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
Depuis quelques années déjà, Jennifer Ruggins Muir fait le tour des arrière-cours — avec l’autorisation des propriétaires — pour aller cueillir les branches de rhubarbe qui y poussent. Il ne faut pas se méprendre, la citoyenne de Lac-Brome ne garde pas pour elle-même les centaines de livres de rhubarbe qu’elle récolte. Elle les congèle plutôt pour offrir des aliments nutritifs aux élèves de la Knowlton Academy. Sa tournée du Projet rhubarbe a d’ailleurs repris la semaine passée.

Pour une quatrième année, l’école primaire anglophone entretient son Jardin secret, dans la cour de l’école. Mme Ruggins Muir en est la coordonnatrice. Déjà, à l’époque, elle cherchait à faire goûter aux enfants des aliments qu’ils n’avaient jamais eu la chance de manger. L’idée l’a tranquillement menée à congeler de la rhubarbe pour utilisation future à la cafétéria de l’école.

«Quand j’allais au magasin, c’était 3,99 $ la livre et j’avais 250 élèves. Comme presque tout le monde a de la rhubarbe dans leur jardin et que la plupart des gens n’en mangent pas beaucoup, j’ai demandé sur Facebook si des gens en avaient pour moi. En une journée, j’avais 75 livres de rhubarbe et j’avais encore des gens qui voulaient m’en donner !»

Ayant une contrainte d’espace, un autre appel public pour avoir un vieux congélateur a été répondu par une fondation qui, grâce à un don, a permis l’achat de quelques-uns de ces électroménagers.

«Ça fait quatre ans que je fais le Projet rhubarbe. Les gens me laissent aller chez eux, même quand ils ne sont pas là. Il y a peut-être entre 15 et 20 personnes chez qui je vais chaque année. L’an dernier, j’ai presque ramassé 300 livres. Maintenant, à la place du Jello, les enfants ont un dessert à la rhubarbe.»

Des dons appréciés

En temps normal, les enfants sont mis à contribution pour nettoyer et couper les branches de rhubarbe. Cette année, il lui est impossible d’avoir leur aide en raison de la pandémie. Même chose pour les autres fruits et légumes qu’elle «collectionne».

En effet, le projet a d’autres mailles et de nombreuses personnes y contribuent. L’an dernier, en fin de saison, une ferme lui a donné 250 livres de tomates et de poivrons qui restaient dans la serre. Un verger donne aussi des milliers de pommes tombées au sol, mais qui sont encore bonnes. Elle reçoit également des dons de courges et de courgette.

Ces dons permettent à la responsable de la cafétéria d’élaborer un menu plus diversifié sans avoir un impact sur son budget. Tartes, croustades, muffin à la citrouille, pain au zucchini viennent bonifier le menu tout au long de l’année scolaire.

«Cette année, c’est différent. On ne sait pas comment ça va être en septembre. Je prends quand même la rhubarbe, assure-t-elle. On espère qu’en septembre les enfants pourront ravoir leur cafétéria. On congèle et on se croise les doigts !»

Il est par ailleurs possible de la joindre par Facebook pour les dons de rhubarbe.

Quant au jardin, le projet éducatif permet normalement aux enfants d’apprendre à entretenir un potager. Ce sont les enfants qui mélangent le compost à la terre et qui plantent les semences ou les plants, ce qu’elle fera sans eux. Ça n’a pas été possible, ce printemps. Jennifer Ruggins Muir espère toutefois qu’ils pourront se mettre les mains dans la terre au retour des classes en septembre.