Une fois les câbles du palan bien attachés sur le VTT, un système de treuil a remonté le véhicule à la surface.
Une fois les câbles du palan bien attachés sur le VTT, un système de treuil a remonté le véhicule à la surface.

À la pêche... au VTT [VIDÉO]

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Un remorquage hors de l’ordinaire s’est déroulé mercredi sur les eaux du lac Roxton, alors qu’un des deux véhicules ayant sombré dans ses eaux en début d’année en a finalement été extirpé.

Rappelons que l’après-midi du 4 janvier dernier, un homme et une femme ont été sauvés in extremis des eaux du lac par des bons Samaritains qui ont vu la glace s’affaisser sous le poids de leurs véhicules tout-terrain. Plus tard cette même journée, un motoneigiste avait failli subir le même sort en s’approchant trop du lieu de l’accident pour voir ce qui s’y passait.

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L’un des deux VTT avait été sorti de l’eau par les pompiers et les remorqueurs dépêchés sur place le jour même. Or, les tentatives pour extirper le second véhicule du lac se sont avérées vaines, car trop risquées. Le bolide se trouve donc dans le lac depuis un mois et demi.

Entre alors en scène Sylvain Audet, propriétaire de l’entreprise Renflouement de véhicule. Depuis 30 ans, il se spécialise dans les remorquages périlleux, entre autres sur les eaux. Une opération qui ne peut pas être effectuée par les compagnies de remorquage traditionnelles.

« J’ai sorti des bateaux, des motoneiges, des VTT, des side-by-side et même une dameuse ! Il faut plusieurs équipements pour intervenir, mais j’ai tout ce qu’il faut », lance l’entrepreneur.

Le VTT reposait dans le lac Roxton depuis le 4 janvier.

L’opération sur le lac Roxton n’inquiétait guère le remorqueur qui, dans sa carrière, a effectué pas moins d’une centaine de remorquages, en sous-traitance ou par contrat avec des assureurs, un peu partout dans la province.

« C’est pas creux ici, c’est environ sept pieds, estime-t-il. Des remorquages, j’en ai déjà fait à 35 pieds et mon plus creux, c’était un Jeep à 130 pieds de profondeur, raconte-t-il. Je suis déjà allé chercher des véhicules sur une glace qui n’avait qu’un pouce d’épaisseur. »

En sous-traitance pour Remorquage Orfond, M. Audet indique avoir d’ailleurs participé à la récupération des six motoneiges ayant fini dans le fond du lac Magog, au début du mois, après une promenade entre amis qui a mal tourné. Une opération qui a duré plusieurs heures et qui aurait coûté plus de 10 000 $, rapportait La Tribune.

La préparation est la clé

Lundi, M. Audet et son équipe ont passé une partie de la journée à préparer leur intervention. Ils ont procédé à un tour d’horizon du site, à l’endroit approximatif où se situait le VTT, en plus de vérifier l’épaisseur et la solidité de la glace. Des photos sous-marines du véhicule ont également été prises pour évaluer sa position.

Mercredi, les hommes sont revenus sur place pour procéder au remorquage. Mais avant de procéder, des précautions étaient de mise.

Depuis 30 ans, Sylvain Audet se spécialise dans les remorquages périlleux, entre autres sur les eaux. Une opération qui ne peut pas être effectuée par les compagnies de remorquage traditionnelles.

M. Audet a revêtu un habit de flottaison rouge, pour être bien visible et protégé si la glace venait à céder sous ses pieds. Ses collègues portent, pour leur part, une simple veste de flottaison. « Si jamais on cale, au moins, on flotte ! », lance-t-il.

Et comme l’eau du lac a une température située entre 0 et 4 degrés Celsius, mieux vaut s’habiller chaudement, surtout le plongeur qui a pour mandat d’arrimer les câbles sur le véhicule à remorquer. Dans le cas du VTT, les câbles avaient déjà été attachés lors de la première tentative de remorquage.

Le trou dans la glace donnant accès à l’eau a d’abord été agrandi. Puis, M. Audet a installé, aux abords de l’ouverture, un palan, une structure triangulaire dotée d’une poulie permettant de soulever et de déplacer de très lourdes charges au bout d’un câble ou d’une chaîne.

Comme le couvert de neige sur le lac était très mou, c’est finalement un remorqueur traditionnel qui a tiré l’épave du fond du lac.

Une opération délicate, mais finalement réussie en milieu de journée. M. Audet met toutefois en garde quiconque souhaiterait se lancer dans une telle aventure sans mise en garde.

« Il y en a beaucoup qui s’essaient et pour qui ça tourne au film d’horreur... », déplore-t-il.

Un remorquage hors de l’ordinaire s’est déroulé mercredi pour extirper un véhicule tout-terrain qui avait sombré dans les eaux du lac Roxton en janvier dernier.