Patrick Roy, Sébastien Lajoie et Daniel Laliberté ont offert une véritable démonstration de pilotage de modèles réduits, samedi, à Granby.

À la conquête du ciel

La semaine, ils travaillent. Mais le week-end venu, ils retrouvent leur coeur d'enfant. Avions et hélicoptères téléguidés virevoltaient et exécutaient dans le ciel de Granby figures et manoeuvres à faire ouvrir grand les yeux, samedi et dimanche, dans le cadre du Festivol.
Cette manoeuvre consiste à faire tenir l'avion à la verticale par la seule force du moteur.
« Quand on commence, on n'est plus capables d'arrêter », laisse tomber Jacques Langlois, président du club d'avions modèles de Granby­, en contemplant le ciel où trois des meilleurs pilotes du Québec, Sébastien Lajoie, Daniel Laliberté et Patrick Roy, se livraient à une véritable démonstration d'adresse.
Tous trois font de la compétition. Le Magogois Patrick Roy a été champion canadien en 2015 et a participé aux championnats mondiaux en 2014 en vol acrobatique­ à l'échelle. 
« On a des figures imposées et on reproduit ce que les vrais avions font, raconte M. Roy. C'est pour ça qu'on dit que c'est à l'échelle. Celui-là, ajoute-t-il en pointant l'avion qu'il venait de faire voler, est 35% à l'échelle des dimensions du vrai, un Extra 300. »
En prévision du plus gros spectacle de l'année, qui a lieu le week-end prochain à Asbestos, en Estrie, le trio a «volé» ensemble pour s'entraîner. « On vole rarement à trois, mais on voulait le faire ensemble parce qu'on va le faire à trois, même probablement à quatre, poursuit Patrick Roy. Le défi qu'on avait là, c'est que mon avion est moins puissant que les deux autres. C'est pour ça que j'étais tout le temps en arrière. Ils avaient beau descendre leur puissance, j'étais au fond et je n'étais pas capable de les rattraper. »
Communication
Le trio d'avions a volé pendant de longues minutes, leurs pilotes ayant le cou arqué vers le ciel et les yeux rivés sur leur modèle réduit. Derrière chacun d'eux, un copilote s'assurait qu'il n'y avait pas d'obstacle inattendu, comme un oiseau de proie qui voudrait s'en prendre aux avions. La communication doit être parfaite pour éviter une collision - un «mid-air», comme on dit dans le milieu.
« La grosse différence avec les vrais, c'est que les pilotes de vrais avions sont assis dedans, ils voient de chaque côté, ils savent exactement où ils sont situés. Nous, du sol, la perspective est très difficile à avoir. Il faut toujours se parler pour ne pas qu'on se frappe en vol. Ça m'est arrivé alors qu'on faisait du vol en formation il y a plusieurs années avec des avions un peu plus petits. Dans un virage, on s'est frappés parce qu'il y en a un qui a viré un peu plus serré que l'autre. »
Au moment du passage de La Voix de l'Est, samedi, les trois hommes ont notamment offert un 8 cubain, c'est-à-dire un huit couché, et une manoeuvre 3D, qui consiste à s'accrocher sur l'hélice. Cette manoeuvre fait en sorte que l'avion ne plane pas, se retrouvant complètement à la verticale. 
Une passion qui grandit
La passion pour le téléguidé prend souvent naissance dans la jeunesse. C'est le cas pour Patrick Roy. « Ça fait depuis 1991 que je fais du modèle réduit, j'avais 15 ans. Au fil du temps, on grossit les machines, on investit un peu plus dans une machine plus performante. Le seul secret, c'est de voler. On pratique, on s'entraîne les fins de semaine. » 
S'il compte se rendre aux championnats mondiaux en 2018 aux États-Unis, il est aussi actif dans le milieu de l'hélicoptère téléguidé. Il a d'ailleurs reçu ses ailes, samedi, c'est-à-dire qu'il a réussi ses cours pour voler sécuritairement. 
Plus de 35 pilotes ont convergé vers Granby pour le Festivol. Quelques-uns ont toutefois annulé leur participation en raison des risques d'orages et de la pluie. Le soleil s'est tout de même pointé le bout du nez en fin d'après-midi samedi et dimanche.