Des tests de connexion concluent que seulement 14 % des citoyens vivant en milieu rural dans Brome-Missisquoi ont accès à un service Internet d'un minimum de 5 mégaoctets par seconde.

86 % des connexions en deçà de 5 mégaoctets dans Brome-Missisquoi

Obtenir une vitesse de connexion Internet de 5 mégaoctets par seconde est impossible dans 86 % des maisons, commerces et industries des secteurs ruraux de Brome-Missisquoi, révèle un sondage commandé par la MRC. Seule une technologie filaire peut améliorer la situation, estiment les maires, qui demandent à Ottawa et à Québec de les aider financièrement.
Des tests de connexion, réalisés par 339 personnes le mois dernier à l'invitation de la MRC, concluent que seulement 14 % d'entre elles ont accès à un service Internet d'un minimum de 5 mégaoctets par seconde, explique le directeur général de l'organisme, Robert Desmarais. « C'est nettement insuffisant. On a des travailleurs autonomes, des entreprises qui ont besoin d'un accès Internet à haute vitesse. Sans ça, c'est difficile pour eux de travailler. »
La MRC avait lancé une invitation à ses résidants des secteurs ruraux pour qu'ils participent aux tests de connexion. Elle espérait que 500 personnes y participeraient. Même si l'objectif n'a pas été atteint, les données demeurent pertinentes, assure M. Desmarais.
 Il souligne que des tests similaires ont été menés en parallèle au même moment par Développement et innovations Haut-Richelieu dans une trentaine de bâtiments en milieu rural dans les municipalités de Dunham, Saint-Armand, Notre-Dame-de-Stanbridge et Stanbridge Station. Résultat : 90 % des cas étudiés n'ont pas un service de plus de 5 mégaoctets par seconde. « On avait déjà un bon échantillon. Mais quand on ajoute ces données, on réalise qu'elles sont presque identiques. On voit que les résultats sont fiables », dit-il.
Les résultats de ces tests révèlent que la moyenne de la vitesse de connexion oscille entre 1,75 et 2,25 mégaoctets par seconde pour une ligne téléphonique alors qu'elle est de 3,75 mégaoctets par seconde pour les ondes cellulaires.
Le plancher de connexion de 5 mégaoctets par seconde est le « minimum du minimum », signale Patrick Bonvouloir, président Développement et innovations Haut-Richelieu. C'est le seuil déterminé par les programmes d'accès à Internet haute vitesse des gouvernements canadien et québécois pour obtenir une subvention. 
Dans la vraie vie, le seuil devrait être de 10 mégaoctets par seconde, opine le spécialiste. « Pour un travailleur autonome, c'est vraiment le minimum s'il veut envoyer ou recevoir des données. Et pour les professionnels comme les architectes et les ingénieurs, qui transfèrent ou reçoivent de gros fichiers, le minimum devrait être de 50 (mégaoctets par seconde). Au bas de ça, tu perds ton temps à attendre devant ton écran », illustre-t-il.
Demande de subventions
Les maires de la MRC ont été mis au fait des résultats des deux analyses. En assemblée mardi, ils ont mandaté Développement et innovations Haut-Richelieu pour préparer une demande de subvention auprès des gouvernements supérieurs. Le gouvernement fédéral a mis sur pied un programme doté d'un budget de 500 M$ pour aider les régions éloignées à accéder à des services Internet haute vitesse dignes du 21e siècle. Québec a fait de même avec un programme de 100 M$.
Le conseil des maires identifie la fibre optique comme étant la meilleure solution offerte pour assurer une meilleure connexion aux citoyens de la MRC. L'estimation des coûts pour déployer un tel réseau sur tout son territoire s'élève à 28 M$. Le projet consisterait à prolonger les réseaux de fibre optique existants dans les 1400 kilomètres de rues non desservies pour brancher quelque 8000 bâtiments (maisons, fermes, commerces et industries).
Les demandes de subventions doivent être déposées d'ici le 20 avril. Les projets retenus devraient être connus cet automne. Le contrat accordé à Développement et innovations Haut-Richelieu coûtera 21 600 $ (plus taxes).