Une trentaine de bénévoles faisaient le tri, samedi, parmi les 800 boîtes de livres données à Granby par treize différentes­ municipalités. Les bouquins prendront ensuite le chemin d’Haïti où ils seront redistribués.

800 boîtes de livres en route vers Haïti

Une initiative du directeur général de la Ville de Granby, Michel Pinault, a pris une ampleur inespérée. Un appel lancé à 40 confrères de la Montérégie a permis d’amasser 800 boîtes de livres destinés à des Haïtiens. Samedi, c’était l’heure de trier ces quelque 20 000 bouquins.

En 2016, lors d’un voyage en Haïti, M. Pinault a rencontré des représentants de l’organisation non gouvernementale Care, qui amasse des livres en provenance de France et de Belgique. « Ils avaient des difficultés d’approvisionnement et nous avaient demandé si c’était possible de faire quelque chose. »

Avec la coordonnatrice à la mairie Marie-Claude Delisle, il a interpelé les directeurs généraux de 40 villes. Treize d’entre eux ont répondu à l’appel. Jeudi encore, Mme Delisle recevait la livraison de Salaberry-de-Valleyfield, soit 115 boîtes de livres provenant de surplus de leur bibliothèque municipale.

Ainsi, l’écocentre, Lac-Brome, Bromont, Bedford, Cowansville, Sutton, Acton Vale, Sainte-Julie, Contrecœur, Saint-Basile-le-Grand, Mont-Saint-Hilaire et Rigaud ont aussi envoyé des boîtes à leurs frais. « J’ai été très surpris du résultat, confie M. Pinault. Ça m’a touché que les gens répondent de façon aussi volontaire à cet appel. »

« On a interpellé les municipalités, on n’a même pas fait appel à la population ! renchérit Mme Delisle. À l’interne, on a fait un appel au niveau du secrétariat pour récupérer de vieux dictionnaires et des livres de grammaire. On n’a même pas fait d’appel aux 450 employés. On s’est fait surprendre. »

Clément Roy, de l’AQANU Granby et région, Marie-Claude Delisle, coordonnatrice à la mairie, et Michel Pinault, directeur général de Granby.

Trier

« Là, il faut faire un tri, un élagage parce qu’il y a toute une dimension culturelle qu’il faut respecter », reprend le directeur général, visiblement heureux de ce qui se passait au garage situé derrière l’édifice Louis-Choinière, où se déroulait le tri. « Par exemple, si j’ai un volume qui parle des Amérindiens, de la cuisine québécoise ou de Maurice Richard, ils n’ont aucun intérêt. »

L’Almanach de 1976 a aussi été écarté pour des raisons évidentes, comme plusieurs bouquins trop anciens.

L’aide de Clément Roy, de l’Association québécoise pour l’avancement des Nations Unies de Granby et région, a été demandée pour cette portion du travail. Il a été en mesure de donner des précisions sur les critères à respecter. M. Roy a aussi réussi à réunir une vingtaine de bénévoles qui se sont ajoutés à la douzaine de jeunes de cinquième secondaire du programme d’éducation internationale.

Tous les bénévoles étaient donc en action entre des tables remplies de boîtes et de volumes, quittant leur poste à l’occasion pour jeter un livre désuet ou trop brisé ou encore pour aller chercher une nouvelle boîte à trier. Il se pourrait que l’après-midi et la soirée de mercredi soient consacrés à cet exercice qui prend du temps.

Il faut savoir également que les livres écartés, mais encore en bon état, seront redistribués localement, par exemple aux Livres de l’espoir, la boutique de SEPHYR.

Par conteneur

Les boîtes seront envoyées à Care à une date inconnue par conteneur. « Une des difficultés qu’ils ont est de déterminer comment ils vont faire pour les transporter, explique M. Pinault. On prépare tout ça, mais on n’ira pas nécessairement les porter, ce n’est pas ça qui est prévu. À moins qu’il y ait autre chose à livrer parce qu’actuellement la Ville ramasse de vieux bunkers [NDLR : habits de combat] de pompiers qui, pour nous, ne sont plus sécuritaires, mais pour eux ils sont encore bons. J’ai aussi des vestes pare-balles qu’il a fallu changer. On est en train de ramasser beaucoup de matériel. Mais à date, les discussions que j’ai avec les gens de Care, c’est qu’ils vont s’occuper de payer un conteneur pour Haïti. »

L’ONG se chargera se redistribuer les volumes dans les écoles et les bibliothèques qui en ont besoin.

Les dictionnaires et livres de grammaire sont particulièrement prisés puisqu’ils sont universels et très utiles pour les écoles. De plus, il n’est pas rare que les bibliothèques municipales d’Haïti soient dénudées de livres.