GE Aviation mettra à pied 70 employés de l’usine de Bromont à compter de vendredi.
GE Aviation mettra à pied 70 employés de l’usine de Bromont à compter de vendredi.

70 employés licenciés chez GE Aviation: «La détresse est énorme»

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Le début d’année commence bien mal pour des dizaines d’employés licenciés chez GE Aviation à Bromont. Des effectifs de l’entreprise ont confié à La Voix de l’Est que les mises à pied récurrentes engendrent un «climat de travail malsain» au sein de l’usine bromontoise.

«Nous avons informé 70 employés temporaires de GE qui feront partie d’une mise à pied à court terme, effective le vendredi 10 janvier. Cela représente environ 13% de notre personnel de production à l’usine de Bromont», a indiqué par courriel le directeur des relations médias chez GE Aviation, Perry Bradley.

Selon nos informations, ces licenciements sont notamment liés aux problèmes des 737 Max 8 de l’avionneur Boeing, un des principaux clients de l’entreprise. La compagnie n’a pas confirmé si d’autres mises à pied sont imminentes, se contentant d’une réponse laconique à ce sujet.

Rappelons que GE Aviation a dévoilé, en février 2017, des projets d’innovation totalisant 238 millions de dollars dans ses installations de Bromont. On annonçait alors qu’à terme, 115 emplois spécialisés devaient être créés. Québec a octroyé une aide financière non remboursable de 12 millions $ pour la réalisation de ces projets.

Les investissements de la multinationale, établie à Bromont depuis 1982, sont répartis entre trois projets. L’un d’eux consiste à automatiser les procédés de fabrication et de réparation de moteurs d’avion. Le second est la mise en place d’un laboratoire de vibration. L’achat d’équipements pour l’industrialisation de pièces de nouveaux moteurs, destinés entre autres aux Boeing 737 MAX, Comac C919 et Airbus A320neo, a aussi été évoqué.

Climat malsain

Hermétique, inhumain, malsain. Ce sont quelques-uns des mots qu’ont utilisés une ancienne employée et une personne toujours en poste chez GE Aviation à Bromont pour décrire le climat de travail qui règne dans l’usine. Tous deux ont accepté de se confier sous le couvert de l’anonymat pour éviter des représailles de la direction.

«La santé mentale chez les employés, c’est épouvantable. La détresse est énorme. Surtout le personnel temporaire. Les gens ont peur de parler, parce que leur emploi est en jeu. C’est à la limite de la torture psychologique», a mentionné l’un de nos informateurs.

«Avec les coupures qui viennent d’être annoncées, tout le monde est sur le qui-vive. La tension est très grande. Les gens entrent travailler, mais ils ne savent jamais s’ils auront un emploi le lendemain. C’est intenable», a clamé l’autre.

Une pression qui est difficile à soutenir pour plusieurs employés, déplore nos sources. «On nous traite comme des robots en se disant que, de toute façon, on peut nous remplacer en claquant des doigts. Et on ne se gêne pas pour nous le rappeler», dénonce l’une d’entre elles.