Ce sont 75 265,45 $ qui ont été remis à la Fondation Mira lors de l'événement, dont 4241,20 $ provenant des poches des spectateurs.

70 000$ pour le 30e Défi-Vision Mira

« À droite, plus à droite, à gauche, à droite  ». Attention ! Voici l'essentiel des conversations que l'on pouvait entendre entre pilotes et copilotes lors du 30e Défi-Vision Mira, qui a finalement eu lieu vendredi soir à l'Autodrome Granby. Les gagnants de « la course la plus folle du monde » : le non-voyant Christian Charland et son copilote, le directeur général de la Fondation Mira, Nicolas Saint-Pierre.
« Il était vif d'esprit. C'est la première fois qu'un homme m'écoute autant à la lettre », a lancé Michèle Richard à la fin de la course en parlant de son pilote.
« Peu importe ce qui se passe ce soir, le vrai gagnant, ça sera la Fondation Mira », disait Sandy Fortier, coordonnatrice pour la Fondation Mira, aux 32 duos non-voyants et personnalités issus du monde artistique, politique, sportif, médiatique ou des affaires qui participaient au Défi de cette année, un peu avant le grand départ.
La Voix de l'Est a eu la chance de prendre place dans le véhicule du non-voyant Frédéric Gauthier et de sa copilote, la porte-parole de l'événement de cette année, Michèle Richard. 
« Il était vif d'esprit. C'est la première fois qu'un homme m'écoute autant à la lettre », a-t-elle lancé à la fin de la course. 
Frédéric Gauthier en était à sa 5e participation. Il est bien satisfait du résultat. Pour lui, l'important, c'est de participer. « C'est pour le financement, pour le plaisir. Pas pour la compétition. »
Anthony Marcotte, présentateur à l'Autodrome Granby, avec les gagnants du Défi-Vision : Christian Charland et le directeur général de la Fondation Mira, Nicolas Saint-Pierre.
La voiture de Mira l'emporte
Par un heureux hasard, c'est la voiture de la Fondation Mira qui a complété les 10 tours en premier, après un peu moins de 20 minutes seulement. La minifourgonnette #16 se faufilait furtivement entre les autres automobiles en fin de vie et les morceaux de pare-chocs qui trainaient ça et là sur la piste.
Nicolas Saint-Pierre ne cachait pas ses intentions. À plusieurs reprises, un peu avant l'annulation de l'événement la semaine dernière et avant la course de ce vendredi, il scandait aux participants qu'il allait l'emporter. Un peu à la blague, mais quand même. 
« Ç'a toujours été Christian Charland­, mon pilote », disait celui qui participait pour la troisième fois au Défi-Vision. « On est une super bonne équipe. Habituellement, on est bon », avait-il dit avant d'embarquer sur la piste. Ensemble, ils avaient atteint la troisième et la deuxième place lors d'éditions précédentes. 
Le non-voyant derrière le volant en était quant à lui à environ son vingtième Défi-Vision. Un vrai habitué. « Ça veut pas dire que je suis moins dangereux pour ça », a-t-il averti toutefois en riant.
« J'aime vraiment le Défi, a-t-il ajouté. C'est la seule fois qu'on peut conduire et avoir le feeling de tenir un volant ».
Communication
La stratégie du duo gagnant : une communication précise. « La communication doit être claire », souligne le DG de la Fondation. « Pour le copilote, c'est beaucoup beaucoup de concentration. Nous [les voyants], on est habitués de conduire. Mais de donner des indications et de gérer tout ce qui se passe, c'est compliqué. Il faut que tu gères la vitesse et la direction juste en parlant. »
D'ailleurs, l'idée de toucher le pilote, pour par exemple freiner, est, du moins selon Christian Charland­, à proscrire. « Je ne veux pas me faire toucher parce que je suis concentré sur ce que j'entends. J'aime mieux la parole », fait-il savoir. 
D'autres équipes partageaient trucs et astuces avant la course, comme ajuster les rétroviseurs pour le copilote.
Plus de 75 000 $
Ce sont 75 265,45 $ qui ont été remis à la Fondation Mira lors de l'événement, dont 4241,20 $ provenant des poches des spectateurs. Ce montant s'ajoute aux quelque 2 M $ accumulés par le Défi-Vision depuis ses débuts, il y a maintenant­ 30 ans.
Le montant récolté permettra l'entraînement de chiens guides et d'assistance qui pourront ensuite être remis gratuitement à des personnes handicapées visuelles et/ou physiques, ainsi qu'à des enfants atteints d'un trouble du spectre de l'autisme afin d'accroître leur autonomie et de favoriser leur intégration sociale.