Mal intentionné, l’accusé avait agrippé le poignet d’une joggeuse en mai 2015.

60 jours de prison pour Michaël Jacques

L’homme qui s’est jeté sur une joggeuse dans un but sexuel à Bromont, en mai 2015, n’échappe pas à la prison tel qu’il l’aurait souhaité.

Michaël Jacques, 39 ans, « voulait du sexe » et « a choisi sa victime en lien avec son apparence physique », a rappelé la juge Julie Beauchesne lors du prononcé de sa sentence, vendredi. L’infraction a eu lieu sur une piste cyclable, près du bureau d’accueil touristique.

En agrippant le poignet de la femme de 24 ans, en fin d’après-midi, il avait l’intention de « l’amener de force dans sa voiture pour avoir des relations sexuelles » après lui avoir dit « toi, tu viens avec moi », a dit la juge. «C’est un cas qui nécessite une dénonciation et une détention.»

La juge Beauchesne a pris en considération le fait que le père de trois enfants souffrait d’anxiété et de dépression et qu’il n’avait pas d’antécédent judiciaire. Le tribunal n’a pas non plus retenu les accusations de tentative d’enlèvement et de séquestration déposées au départ, puisque le geste semblait impulsif et non prémédité. Seule l’accusation de voies de fait a été gardée.

Mais le mobile sexuel demeure crucial. « Le tribunal ne croit pas l’accusé quand il dit qu’il voulait juste parler. [...] Or, chaque femme a le droit de déambuler sans crainte. » Le risque de récidive de Michaël Jacques est aussi qualifié de moyen.

Enregistré
C’est pourquoi la juge l’a condamné à purger 60 jours de prison de façon discontinue, à raison de deux jours par semaine, à faire 100 heures de travaux communautaires et à respecter une probation de trois ans. Aujourd’hui domicilié à Waterloo, M. Jacques sera aussi inscrit au Registre des délinquants sexuels.

La peine s’apparente à ce que la Couronne, représentée lors des audiences finales par Me Élise Côté-Lebrun, demandait. À la défense, Me Rachel Bernatchez proposait 240 heures de travaux communautaires et une probation de deux ans.

On recommande aussi à l’accusé de continuer de recevoir des soins psychiatriques et de reprendre le travail dès que possible. « Ne pas être oisif peut aider », a dit la juge Beauchesne. Il lui est interdit de communiquer avec la victime et de consommer des drogues.