Le premier ministre François Legault continue de demander aux Québécois d'aller se faire tester s'ils ont des symptômes de COVID-19 ou s'ils ont été en contact avec des gens infectés.
Le premier ministre François Legault continue de demander aux Québécois d'aller se faire tester s'ils ont des symptômes de COVID-19 ou s'ils ont été en contact avec des gens infectés.

46% des éclosions de COVID-19 en milieux de travail

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Près de la moitié des éclosions de COVID-19 observées au Québec proviennent des milieux de travail. Cela explique en partie la forte transmission observée dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches. Où les principales restrictions ne seront pas relâchées de sitôt.

C’est ce qu’ont expliqué le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda, et le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, lors du point de presse de mardi en compagnie du premier ministre du Québec, François Legault.

«46 %, actuellement, des éclosions qu’on observe au Québec sont dans des milieux de travail. C’est-à-dire que ce n’est pas dans des centres hospitaliers, des CHSLD, des écoles, des garderies», a révélé le Dr Arruda.

À propos de la région de Québec, «c’est vraiment une éclosion diffuse. Beaucoup de milieux de travail. Les gens n’ont peut-être pas vécu la première vague comme ils la vivent actuellement. Tout le monde s’est relâché un peu.

«On va probablement lancer des opérations de resurveillance des milieux de travail. [...] C’est sûr qu’on va refaire ce qu’on appelle des visites avec contrôle de la CNESST [Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail] auprès de certains milieux de travail pour s’assurer que ça soit appliqué», fait valoir M. Arruda.

«Peut-être qu’à Québec, le suivi des mesures a pris un petit peu plus de temps. Puis là, on en paie les conséquences», affirme de son côté le ministre Dubé.

«J’ai publié une courbe hier [lundi, sur Twitter], qui montre la comparaison des deux vagues entre les principales régions. Celle qui sort le plus avec de difficultés entre les deux vagues, c’est la grande région de Québec puis Chaudière-Appalaches. Les gens doivent faire un effort supplémentaire dans les prochains jours à Québec, dans la région de Québec, pour casser la deuxième vague», dit M. Dubé.

Retard rattrapé

Quant aux chiffres du jour, qui montraient la détection de 92 nouveaux cas de COVID-19 dans la Capitale-Nationale en 24 heures après 272 la veille et 227 dimanche, le trio s’en méfie.

«J’ai posé la même question, parce que je trouvais que c’était une si bonne nouvelle que je voulais m’assurer que c’était une vraie bonne nouvelle. Mais il faut se fier à la moyenne sur une semaine et non juste à une journée, explique le ministre de la Santé.

«La région de Québec a réussi à rattraper son retard des dernières semaines dans l’obtention des résultats, comme aussi en Montérégie. Alors ça explique en partie la hausse des derniers jours. Mais je m’attends à une augmentation quand même demain [mercredi]. Ce nombre [de 92] me semble un peu bas», reconnaît M. Dubé.

Dans la Capitale-Nationale comme en Montérégie, les ressources de la santé publique provinciale seront mises à contribution pour aider au traçage des cas de transmission. Le nombre de personnes attitrées à cette tâche au sein de la santé publique provinciale a doublé au cours du dernier, passant de 800 à 1600.

Rouvrir les gyms?

Le 28 octobre arrive dans une semaine. Date de fin de la première période de 28 jours en zone rouge. Mais tout indique que plusieurs des mesures de restriction seront reconduites au-delà de cette date, surtout dans une région aussi chaude que Québec.

Mais après avoir donné la semaine passée la permission de passer l’Halloween sous certaines conditions le 31 octobre, le premier ministre Legault a ouvert la porte mardi à d’autres assouplissements envisagés.


« On va probablement lancer des opérations de resurveillance des milieux de travail. [...] C’est sûr qu’on va refaire ce qu’on appelle des visites avec contrôle de la CNESST [Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail] auprès de certains milieux de travail pour s’assurer que ça soit appliqué »
Le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda

Comme permettre une certaine fréquentation minimale des cégeps et des universités, permettre aux jeunes de reprendre le sport de groupe, «presque un service essentiel» selon M. Legault, et rouvrir les centres de conditionnement physique tout en maintenant l’obligation de garder 2 m de distance entre chaque personne.

Quant aux élèves du secondaire qui espèrent bientôt enlever leur couvre-visage en classe, faudra patienter.

«En ce moment, ce n’est pas le temps de relâcher les mesures, répond le ministre Dubé. Tant qu’on ne verra pas les résultats baisser, je pense qu’on a eu un beau succès de stabiliser la vague. On l’a stabilisée, mais on ne l’a pas baissée encore, alors je pense qu’il n’est pas le temps. Le premier ministre a été très clair, on va considérer peut-être à baisser certaines mesures, mais quand on aura une meilleure analyse de la situation. En ce moment, ce n’est pas le temps de faire ça.»

Espoir pour les infirmières

M. Legault tient quand même à «donner de l’espoir», malgré l’ajout mardi au Québec de 33 hospitalisations, la plus forte hausse à ce chapitre en deux semaines, ainsi que de 11 décès.

«Les Québécois doivent comprendre que ces mesures-là, on va les garder en place jusqu’à tant qu’on voie le nombre de cas diminuer, le nombre d’hospitalisations diminuer. Donc, on est tous dans le même bateau. Oui, le gouvernement a une responsabilité, mais les citoyens eux-mêmes ont une responsabilité sur la suite des choses. Plus on va faire d’efforts, plus on va pouvoir enlever des restrictions», explique le premier ministre, qui précise que 1 million de Québécois ont téléchargé l’application Alerte COVID en deux semaines.

M. Legault s’est aussi attardé au sort des infirmières, qui ont manifesté lundi en bloquant les ponts de Québec et Jacques-Cartier.

Les employés du réseau de la santé et le gouvernement négocient leurs conventions collectives, qui ont pris fin le 31 mars.

Le premier ministre dit que son gouvernement est prêt à mettre plus d’argent «sur des mesures pour réduire la surcharge de travail», comme transformer des postes à temps partiel en temps plein.

«Par contre, on n’est pas prêts à aller à plus que l’inflation sur les augmentations de salaire, tout simplement pour une raison de capacité de payer», a-t-il insisté, rappelant le déficit anticipé de 15 milliards $ pour cette année et le retour à l’équilibre prévu dans seulement cinq ans.