Le conseiller Éric Duchesneau s'est opposé à ce que le contrat soit accordé à Céleb Construction de Brossard. Au final, la part de la Ville sera trop élevée, juge-t-il.

45 M$ de contrats octroyés à Granby

Les chantiers de construction du centre aquatique et du réaménagement de l'église Notre-Dame à Granby pourront démarrer. La Ville a octroyé lundi soir en séance extraordinaire les contrats de ces projets majeurs qui, à eux deux, entraînent des coûts de 45 millions $.
Un conseiller municipal, Éric Duchesneau, a toutefois dénoncé la hausse des coûts du projet de l'église Notre-Dame. Mais cela n'a pas freiné l'enthousiasme du maire, Pascal Bonin. « Mine de rien, ce soir (lundi), il y a 45 millions $ de projets qui sont annoncés et payés comptant. On n'a pas emprunté un seul sou sur les 45 millions $. On est allés chercher des subventions de façon majeure et on a administré de façon impeccable. On réussit à livrer deux projets importants aux niveaux éducatif et sportif », a-t-il souligné lors de la séance du conseil. 
« On n'a hypothéqué l'avenir de personne. Les générations futures pourront rêver à d'autres projets », a ajouté le maire à l'endroit des médias. 
L'octroi du contrat pour la construction du centre aquatique au plus bas soumissionnaire conforme, Entreprise de construction TEQ, de Montréal­, au coût de 33,1 millions $, taxes incluses, a fait l'unanimité à la table du conseil municipal. Des subventions de 20,5 millions $ ont déjà été accordées au projet - qui verra le jour sur une partie du parc Dubuc - par les gouvernements fédéral et provincial. 
Pas à l'unanimité
Mais il en a été autrement pour le contrat de réaménagement de l'église Notre-Dame. Le conseiller municipal du district 8, Éric Duchesneau, s'est opposé à ce que le contrat soit accordé à Céleb Construction de Brossard, au coût de 11,8 millions, taxes incluses. Au final, la part de la Ville sera trop élevée, juge-t-il. 
À l'origine, la Ville devait assumer des coûts de 5 millions $ dans ce projet réalisé conjointement avec le Cégep de Granby et le ministère de l'Éducation, afin que la technique de génie mécanique soit offerte dans l'église transformée en pavillon du Cégep. Ces coûts ont aujourd'hui bondi à 8,9 millions $. La différence sera puisée à même le surplus de la Ville, précise le maire. 
« Je me demande où est notre limite, peu importe comment le projet va être beau. C'est quoi ? Est-ce que c'est 5, 10, 15 millions $ ? Illimité ? Je me suis posé la question et ma limite est plus basse que ça », a toutefois fait valoir Éric Duchesneau. Ce dernier reconnaît néanmoins l'effet positif qu'aura le projet sur le centre-ville et les industries à la recherche de main-d'oeuvre. 
Jusqu'au bout
Le conseiller Duchesneau affirme aussi être « inconfortable » du fait que la Ville est la seule, selon lui, à assumer la hausse des coûts de construction. Mais le maire Bonin s'est fait clair sur ce point. 
« Le Cégep est allé au maximum de ce qu'il pouvait faire. Il a mis de l'argent de plus et négocié à la baisse certaines demandes. Sa construction va avoir un étage de moins que prévu et il va payer des salles multimédias qu'il n'avait pas prévues », a précisé Pascal Bonin lors de la mêlée de presse. 
Dans le scénario initial, 43 % des coûts totaux étaient assumés par le Cégep et le gouvernement du Québec­ (3,8 M $), tandis que la part de la Ville s'élevait à 57 % (5 M $). Avec les coûts à la hausse, la Ville paiera 69 % (8,9 M $) de la facture, tandis que ses partenaires régleront les 31 % restants (4 M $). 
Il y a quatre ans, l'église n'était rien de moins qu'un « éléphant blanc », dans un « état de décrépitude avancé », selon M. Bonin. Ce dernier se félicite que la Ville ait trouvé un projet porteur pour lequel des partenaires assumeront 31 % des coûts. La nef sera aussi restaurée au bénéfice de la population, fait valoir le maire. « On va aller jusqu'au bout de notre projet », dit-il. 
Le Cégep s'est par ailleurs engagé, avec l'accord du conseil municipal, à offrir la technique de génie mécanique dans des locaux adéquats, rappelle Pascal Bonin. « On ne peut pas arrêter un projet comme ça en cours de route sous prétexte qu'il y a un 12 % de plus ou de moins, alors qu'on s'est engagés auprès d'une instance d'éducation importante », estime-t-il.
Quelle option resterait-il, si le conseil municipal décidait de reculer ? Démolir « l'église mère » de la ville de Granby ? Impossible, laisse tomber Pascal Bonin. 
Ce dernier a aussi rappelé que le Cégep de Granby versera un loyer à la Ville. Un bail de 25 ans, dont le loyer de 75 000 $ sera indexable annuellement, a été signé en décembre 2016. Il est entre autres prévu que les coûts du chauffage et de l'électricité seront à la charge du Cégep.