Le député Pierre Breton (à gauche) a annoncé une aide financière de 424 000 $ étalée sur deux ans pour le projet Jamais trop tôt. Il est accompagné ici de Vanessa Borduas, chanteuse et responsable du projet, d’Érick-Louis Champagne, directeur adjoint du FICG, et de Yves Pronovost, président du FICG.

424 000 $ pour Jamais trop tôt

Le projet national Jamais trop tôt profitera d’une aide financière de 424 000 $ étalée sur deux ans de la part de Patrimoine canadien, via le Programme de financement des langues officielles. Le député de Shefford, Pierre Breton, a présenté cette enveloppe, laquelle représente une augmentation de 12 000 $ annuellement par rapport aux cinq dernières années, mardi matin.

Depuis que le projet Jamais trop tôt piloté par le Festival international de la chanson de Granby (FICG) et le Réseau national des galas de la chanson se déploie à travers le Canada — c’est-à-dire un an après sa fondation il y a huit ans —, le ministère du Patrimoine canadien financera une partie de ses activités, ce qui permettra à l’initiative de poursuivre sa vocation pancanadienne.

« C’est une année complète de travail, explique la chargée de projet et chanteuse Vanessa Borduas. Ça commence en septembre dans les écoles secondaires inscrites à travers le pays avec des ateliers d’écriture avec des artistes formateurs, des auteurs-compositeurs qui viennent outiller les ados, leur montrer les beautés de la langue française et leur donner le goût d’écrire en français et de poursuivre leur cheminement en français. Une fois que les textes sont écrits, ils sont envoyés à Granby, où on sélectionne les chansons. Cette année, c’est un record. On a reçu 697 textes, alors qu’on doit en sélectionner 24. »

Douze textes du Québec — dont deux provenant de Granby, intitulés iPhone et Pauvre petite Colette — ont été choisis. Les 12 autres sont parvenus de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, de la Saskatchewan, du Manitoba, de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard ainsi que du Yukon, qui participe pour une première fois aux ateliers d’écriture.

« Ce sont des sujets qui touchent les ados de 14 à 17 ans. En deux ans, ça n’a pas changé », précise Mme Borduas, qui terminera bientôt sa deuxième et dernière année comme chargée de projet, puisqu’elle souhaite se concentrer sur ses propres projets. 

« Souvent, c’est sur la technologie, l’impact des réseaux sociaux, l’intimidation, les peines d’amour. Et après, il y a toutes les chansons un peu plus [joyeuses]. Il y a, par exemple, un texte qui parle de la fin du secondaire. Ce sont des sujets qui les touchent, mais ça se ressemble. Bien sûr, chacun des auteurs y met sa teinte. » 

Des artistes ayant passé par l’un des galas de la chanson du réseau national, dont certains par le FICG, ont composé de la musique pour mettre en valeur les textes. Karim Ouellet, Mehdi Cayenne, Caroline Savoie et Éric Charland ont notamment participé au projet. 

Par des jeunes

Puis, des interprètes aussi âgés de 14 à 17 ans sont sélectionnés à travers le Canada — soit par audition, par appel de candidatures ou par concours — pour faire briller ces textes sur scène. « Vraiment, c’est ça qui est le fun. Ce sont des jeunes qui interprètent des mots écrits par des jeunes de leur âge », souligne Vanessa Borduas.

La plus récente cohorte présentera d’ailleurs son spectacle le lundi 20 août. Ces 24 jeunes se réunissent cinq jours pour suivre un camp de formation avec Andréanne A. Mallette, qui est la directrice artistique et metteure en scène du projet, la coach vocale Isabelle Côté et Charles Robert, chargé de la direction musicale. La mise en scène est réalisée durant ces cinq journées.

« Le projet permet de rejoindre 6500 jeunes par année, indique Mme Borduas. Il les convainc de continuer en français et d’écouter de la musique en français. »

Mais il y a plus encore.
« Ce qu’on est en train de voir, ce sont des gens de Jamais trop tôt qui s’inscrivent au grand concours du festival, renchérit Érick-Louis Champagne, directeur adjoint du FICG et coordonnateur du Réseau national des galas de la chanson. Ces gens-là ont eu la piqûre d’écrire en français et commencent leur carrière musicale en français. C’est un beau gage de succès, parce qu’on voit qu’on allume l’étincelle pour l’écriture dans notre langue. »