Rita-Ly Bodou et son fils Arthur ont été reçus citoyens canadiens, vendredi, lors d’une cérémonie de citoyenneté canadienne. Trente-huit autres personnes ont aussi prêté serment.

40 nouveaux Canadiens prêtent serment à l'hôtel de ville de Granby

Pour une troisième année consécutive, Granby était l’hôte d’une cérémonie durant laquelle 40 résidents permanents sont devenus citoyens canadiens, vendredi matin. Ils habitent Granby, Dunham et Sherbrooke.

Parmi ceux-ci, il y a Rita-Ly Bodou et son fils de huit ans, Arthur. Ils ont été chaudement applaudis par toute l’équipe de Solidarité ethnique régionale de la Yamaska puisque Mme Bodou y travaille depuis quatre mois.

À la recherche d’un endroit où s’enraciner, elle a choisi le Québec il y a quatre ans. « Je suis née au Cameroun, je suis devenue adulte en France et j’ai mûri au Québec, raconte-t-elle, les yeux brillants. J’ai passé 14 ans en France avant de venir ici. Et venir ici était un besoin vital de changer d’air, d’aller vers autre chose, même si, oui, ça signifie de laisser des amis et une très bonne situation professionnelle derrière. »

Dans sa quête pour trouver un endroit où elle se sentirait chez elle, Rita-Ly Bodou a choisi Granby où, avait-elle lu sur Internet, un organisme accueille les immigrants. Elle a consulté SERY en arrivant. « Je pense foncièrement que les choses n’arrivent pas par hasard. Et je travaille avec eux maintenant. »

Dentiste de profession, elle a toujours du mal à faire reconnaître ses compétences. Pendant ses études par correspondance, elle s’est mise à la recherche d’un emploi à temps partiel.

Au bout de plusieurs mois de démarches, elle est tombée sur l’offre d’emploi de SERY. Loin d’être dans son champ de compétence, elle a tout de même voulu à tout prix travailler pour l’organisme.

« Être immigrant, c’est être un caméléon. C’est pouvoir s’ajuster aux conditions. C’est pas vrai que c’est toujours facile, c’est pas vrai que ça va être toujours rapide. Mais il faut savoir continuer à s’intégrer, tout en gardant le cap », considère la jeune femme de 34 ans, qui a toujours espoir de pouvoir pratiquer de nouveau en tant que dentiste, cette fois à Granby.

Elle croit cependant que les ordres professionnels et les gouvernements doivent se consulter avant de signer des ententes laissant planer l’espoir que les acquis des immigrants seront reconnus rapidement au Canada.

« C’est sûr que la science est la même, mais la façon de l’appliquer ne l’est pas. Sauf que c’est un peu lassant parce que ça impacte des vies au quotidien. J’ai un diplôme, j’ai des compétences, j’ai une expertise que je souhaite apporter dans ma nouvelle communauté. »

Une grande fierté

Elle était émue et un peu nerveuse de prêter serment à la reine pour l’obtention de sa citoyenneté canadienne, mais elle a vécu la cérémonie de vendredi comme un accomplissement, comme une concrétisation dans son processus de ne faire que des choses qu’elle aime, une mission que Rita-Ly Bodou s’est donnée en 2014, en traversant l’Atlantique.

Le processus d’obtention de la citoyenneté peut être entamé après avoir passé trois ans au Canada, cumulés dans les cinq années avant la demande. Les démarches peuvent être cependant longues et laborieuses.

Comme pour les autres résidents permanents qui souhaitaient devenir Canadiens, elle a dû se plier à un examen de citoyenneté qui lui a permis d’en apprendre beaucoup sur son pays d’accueil. « C’est normal. C’est comme une relation amoureuse. On ne peut pas tomber en amour avec quelqu’un qu’on ne connait pas », illustre la jeune maman.

L’intégration de son fils, Arthur, s’est fait à la vitesse grand V. « Il a vraiment embrassé la culture beaucoup plus rapidement que moi, souligne Mme Bodou. À l’école, il a l’accent québécois. C’est lui qui m’explique les expressions québécoises. »

Il ne connaissait que la France avant 2014. Il est fier de dire qu’il est maintenant Canadien.

Cérémonie

Organisée par le bureau du député de Shefford, Pierre Breton, et la Ville de Granby, la cérémonie d’une heure s’est tenue dans la joie. Même si le déroulement est très protocolaire — après les discours, les futurs citoyens doivent prêter serment avant d’aller chercher leur certificat, quelques épinglettes et un drapeau du Canada puis chanter l’hymne national — le président de la cérémonie et journaliste à la retraite Simon Durivage a su détendre l’atmosphère.

Dès ses premiers mots, grâce à ses blagues, il a instauré un climat où les sourires nerveux se sont transformés en véritables sourires de bonheur.

Membre de l’ordre du Canada, il a raconté à quel point la société a changé au fur et à mesure que les immigrants de différentes nations ont enrichi la mosaïque culturelle du Québec.

« C’est toujours l’immigration qui a créé le Canada, rappelle-t-il. Nous sommes un pays d’immigrants. Mon ancêtre est venu de France et moi je suis devenu citoyen canadien en 1947, même si je suis né ici en 1944, parce que ça n’existait pas encore. On était des sujets britanniques. On va tous s’enrichir grâce aux cultures de vos pays d’origine, grâce à vos habitudes, grâce à votre cuisine, grâce à votre façon de vous exprimer. On va devenir un beau grand pays très diversifié. »

Il a profité de sa tribune pour inviter les nouveaux citoyens à s’impliquer dans leur communauté d’accueil, que ce soit en tant que bénévole, en donnant à des causes, voire même en allant voter lorsqu’il y a des élections.

Pierre Breton a quant à lui rappelé quelques valeurs qui font du Canada ce qu’il est, comme l’égalité entre les hommes et femmes, le respect mutuel et l’inclusion.

Il s’agissait également de la dernière cérémonie de citoyenneté canadienne à laquelle assistait Joanne Ouellette en tant que directrice générale de SERY.

Mme Ouellette prendra bientôt sa retraite et était doublement émue en voyant son employée Rita-Ly Bodou devenir citoyenne canadienne.

Étaient aussi présents le député de Granby, ministre des Transports et ministre responsable de l’Estrie, François Bonnardel, et Robert Riel, conseiller municipal de Granby.