Guy Maurice Algier a admis avoir «employé la force de façon intentionnelle» et de nature à faire craindre que la vie de Manon Lataille soit en danger. Il a écopé de 40 mois de prison pour ses gestes.

40 mois de prison pour avoir tenté de noyer sa conjointe

L’homme accusé d’avoir voulu noyer sa conjointe dans un fossé inondé après y avoir embouti la voiture dans laquelle ils voyageaient a reconnu ses torts, mercredi.

Guy Maurice Algier a admis avoir « employé la force de façon intentionnelle » contre Manon Lataille et « de nature à faire craindre que sa vie puisse être en danger », a résumé le juge Jean-François Buffoni, de la Cour du Québec.

Du box des accusés, le couvreur de 53 ans a répondu « oui » à ces énoncés. Il a aussi reconnu avoir brisé un de ses engagements en communiquant avec une de ses filles alors qu’il était détenu après son arrestation le jour du crime, le 5 novembre 2016. Il lui avait alors demandé de modifier sa déposition.

Les parties se sont entendues pour que M. Algier plaide coupable à l’accusation de voies de fait graves tout en retranchant celles de tentative de meurtre, de conduite dangereuse et de voies de fait causant des lésions. L’accusation de voies de fait grave permettait d’englober le tout, a expliqué Me Isabelle Morin, du ministère public. 

L’entente intervenue avec Me Thomas Walsh, à la défense, permettait aussi d’éviter la tenue d’un procès devant jury qui devait commencer la semaine prochaine. « On a travaillé fort », a dit Me Morin.

Une peine de 40 mois de prison a été imposée à M. Algier. En soustrayant le temps passé en détention préventive, il lui restera donc 17 mois et demi à purger. À sa sortie, il devra s’abstenir de posséder des armes pendant 10 ans et devra fournir un échantillon d’ADN pour archivage.

Séparation

Me Morin a résumé les événements : le couple de Brigham, qui se connaissait depuis 33 ans, devait se séparer le lendemain à la demande de Mme Lataille. M. Algier était « trop présent, trop contrôlant ». Ils avaient toutefois convenu de passer une dernière journée ensemble.

Avant de se rendre à un bingo, l’accusé a fait foncer sa voiture dans un fossé inondé du chemin Saint-Charles, à Ange-Gardien. Après que les deux occupants se soient extirpés de leur fâcheuse position, M. Algier a tenu la tête de sa conjointe sous l’eau et lui répétant « je t’aimais, bébé ». 

La venue d’un passant a mis fin à ses sombres desseins. En plus d’avoir de l’eau dans les poumons, Mme Lataille a subi une entorse cervicale et des ecchymoses, mais n’en garde pas de séquelle physique.

Antécédents

Au soutien de l’entente, la Couronne a déposé l’imposante liste des antécédents criminels de M. Algier — il a été accusé 23 fois au criminel au cours des 30 dernières années — incluant voies de fait armées, menaces, vol, recel, possession de marijuana, utilisation illégale d’arme à feu, entrave à la justice et vente frauduleuse d’un bien immeuble.

À la demande de Me Walsh, le juge Buffoni a recommandé à ce que l’accusé purge sa détention à Sorel-Tracy afin de continuer de suivre des cours d’estime de soi, de relation de couple, de français et de mathématiques. « Ça peut aider », a précisé l’avocat.

La victime était absente au moment du prononcé de la sentence au palais de justice de Saint-Hyacinthe. Par le biais de Me Morin, elle a demandé à ce que l’interdiction de contact entre elle et
M. Algier soit reconduite durant toute la durée de sa détention.