Amy Ruel (à droite), propriétaire du salon de thé Bonthé, lors de la Journée de l’entrepreneur­ 2017 organisée par l’équipe du programme Lancement d’entreprise­, au CRIF.

40 coups de cœur à la journée de l'entrepreneur au CRIF

« J’ai 40 coups de cœur cette année. » François Prévost, coordonnateur du programme Lancement d’entreprise au CRIF, est fier de sa gang qui se présentera à L’Érablière La Grillade, ce mercredi 12 juin, de 16 h 30 à 21 h, à l’occasion de la Journée de l’entrepreneur.

De la cueillette de produits comestibles sauvages en passant par des services de drones, ou encore du conseil automobile indépendant, toute une variété de produits et services sera présentée lors de la quatrième mouture de l’événement, qui est une exclusité du programme Lancement d’entreprise, parmi les 60 commissions scolaires proposant ce type de formation.

« Nous sommes très fiers des entrepreneurs qui vont oser se présenter mercredi », indique M. Prévost.

Le programme offert au CRIF accueille 100 étudiants par année. « Les entrepreneurs sont de mieux en mieux préparés avant de se lancer, ajoute M. Prévost. Je les appelle hybrides, car ils travaillent et développent leur entreprise en parallèle. »

Changement de carrière

Les femmes représentent près de 60 % de ces étudiants. Parmi celles-ci, il y a la cueilleuse et transformatrice Isabelle Dumont qui est aujourd’hui à la tête de Nature en bouche.

Après avoir travaillé dans le domaine pharmaceutique pendant vingt ans, la quadragénaire a choisi de quitter Saint-Eustache, au nord de Montréal, pour s’établir à Sainte-Cécile-de-Milton. « Je faisais du 9 à 5 devant un ordinateur, avec du trafic à tous les jours, dans un milieu qui ne me correspondait pas. J’en avais marre de ce rythme de vie un peu fou, alors j’ai décidé de réorienter ma carrière. »

Celle dont le hobby, depuis 15 ans, est de cueillir des produits comestibles sauvages a décidé d’en faire son gagne-pain. Elle a suivi le cours Lancement d’entreprise, fin 2017, et propose désormais des produits de la nature « que les gens ne connaissent pas, ou qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de goûter ».

Et ça marche.

Les pouces d’épinettes blanches — « déshydratées pour mettre dans des tisanes ou pour assaisonner des plats, ou marinées pour farcir des poissons ou étendre sur des canapés » — font des adeptes. Même chose pour les têtes de violons marinées. « J’ai vraiment une bonne réponse de mes nouveaux clients. »

À la Journée de l’entrepreneur, elle proposera des dégustations parmi une quinzaine de recettes qu’elle a élaborées. Les chanceux pourront notamment goûter à ses biscuits sablés, épicés au poivre des dunes.

« Je cueille la fleur à partir du chaton mâle de l’aulne crispé, en Haute-Mauricie, explique-t-elle. C’est un poivre québécois, comestible, mais qui n’est pas piquant ; c’est plutôt une épice avec des arômes citronnés et résineux. »

« Pour un début, j’ai déjà une belle variété de produits, je suis fière de ça », indique celle qui fera tirer un panier-cadeau parmi ceux qui se présenteront à son kiosque.

D’autres prix seront également tirés à la soirée.

Voir grand

Yan Lajeunesse sera aussi présent, et il voit grand. À la tête de GoCarCanada, celui qui compte entre autres 20 ans d’expérience dans la gestion de la vente au détail et le démarrage de compagnies de location veut conquérir le Canada dans les prochains mois.

Son arme ? Le premier « service d’accompagnement transactionnel automobile pour particuliers et entreprises » au Québec. « On propose une bannière de service de courtage indépendant, explique-t-il. Un agent va vous accompagner tout au long du processus d’acquisition d’un véhicule (du choix à l’essai du bolide). On est là pour aider les gens dans leur évaluation, leur transaction automobile. »

L’expert transactionnel s’est lancé dans le bain des affaires, car il en avait trop vu. « Je trouve ça aberrant qu’il n’y ait pas de conseiller automobile impartial, dit-il. J’ai vu beaucoup de gens laissés à eux-mêmes au niveau automobile. Nous n’avons pas d’inventaire de véhicules à proposer, notre service de courtage est indépendant. »

François Prévost a lui-même eu recours aux services de GoCarCanada, alors qu’il cherchait dernièrement un véhicule. « En une journée, Yan m’a trouvé une nouvelle auto, l’a négociée pour moi et m’a permis de sauver 50 $ par mois », raconte-t-il, satisfait de son expérience.

Le Cowansvillois David Leblanc voit grand lui aussi et... haut ! Son service de drones attire de nombreux clients. Les aéronefs de HighCloud ont déjà séduit le Zoo de Granby, Hydro-Québec et les pompiers de Bromont.

« On propose tout ce que les drones peuvent permettre de faire, mais on se spécialise actuellement dans l’inspection, précise celui qui fête ses 35 ans ce samedi. On a par exemple fait des tests sur des lignes d’Hydro-Québec : on [peut inspecter] six poteaux à l’heure, au lieu d’un à l’heure avec une nacelle. »

HighCloud a déjà cartographié une partie du Zoo de Granby. Ils travaillent aussi sur des structures aériennes, comme les éoliennes. « On a été consultant dans l’unité de support aérien des pompiers de Bromont, ajoute celui qui fait de la photo aérienne depuis 15 ans. On les a aidés de A à Z. »

Le natif des Îles-de-la-Madeleine est par ailleurs fier de son « excellente collaboration » avec l’aéroport de Bromont. HighCloud met actuellement en place des techniques d’inspection propres aux aéroports.

HighCloud a vu ses affaires monter en flèche. « On est plus que rentable en ce moment », annonce le copropriétaire et fondateur de la jeune entreprise.

Comme les deux autres entrepreneurs, M. Leblanc a beaucoup apprécié le cours Lancement d’entreprise. « Ça nous a vraiment aidé, dit-il. On a compris des choses auxquelles on n’avait pas pensé, [...] et ça a permis de valider plusieurs choses. »

L’événement de mercredi est un aboutissement pour tous ces entrepreneurs en herbe. « Cette Journée est la preuve que lorsque tu es encadré, tu peux aller au bout de ton rêve. » En quatre ans, près de 200 entrepreneurs ont ainsi pris leur envol, ce qui représente 4 millions de dollars générés dans l’économie régionale, selon M. Prévost.