Le drame entourant le décès de la fillette de Granby a rapidement fait le tour du Québec, submergé par une vague de sympathie et de désarroi.

2019 en faits divers: de sordide à insolite

Malheureusement, de nombreux crimes et histoires sordides ont marqué la région en 2019. Voici, en vrac et dans le désordre, des nouvelles qui ont marqué l’imaginaire collectif

L’enfance arrachée

Tous les yeux se sont tournés vers Granby pour une triste raison, au printemps, alors qu’une véritable histoire d’horreur rappelant la tristement célèbre Aurore l’enfant martyre a été révélée au grand jour. La Voix de l’Est a été la toute première à rapporter qu’une enfant de sept ans, désormais immortalisée comme étant « la fillette de Granby », avait été hospitalisée après avoir été retrouvée dans un état critique, le 29 avril. La fillette, connue de la DPJ, est décédée le 1er mai, alors que son père et sa belle-mère ont été arrêtés pour lui avoir infligé pendant des années de mauvais traitements qui auraient possiblement provoqué sa mort. Le drame a fait le tour du Québec, submergé par une vague de sympathie et de désarroi. Une commission d’enquête publique sur le système de protection de l’enfance au Québec a été mise sur pied et présidée par Régine Laurent alors que le père de la fillette et sa conjointe ont été accusés de négligence criminelle. Si l’homme, dont l’identité ne peut être révélée pour protéger celle de la petite défunte, a obtenu sa liberté en attendant le procès, la belle-mère, désormais accusée de meurtre non prémédité, est toujours derrière les barreaux. Le procès de cette cause devrait être suivi assidument en 2020.

Cette triste histoire a surgi à peine quelques semaines après une autre affaire de maltraitance survenue à Granby l’hiver dernier. La police de Granby avait fait irruption dans un appartement de la rue Denison Ouest, le jour de la Saint-Valentin, et y avait découvert trois enfants âgés de 1, 3 et 17 ans vivant dans l’insalubrité. Si le plus jeune était enfermé dans une pièce et portait une couche qui n’avait pas été changée depuis plusieurs heures, les deux autres, particulièrement le plus âgé, portaient des traces de blessures. L’aîné était si mal en point qu’il peinait à se déplacer seul, était d’une maigreur extrême et présentait des fractures multiples de même que de problèmes pulmonaires. Une femme de 37  ans a été arrêtée et accusée d’avoir « omis de fournir les choses nécessaires à l’existence » des enfants alors que cette omission a mis la vie de chacun des trois enfants « en danger, étant de nature à causer un tort permanent à [leur] santé ou a exposé [leur] santé à un péril permanent ». La mère indigne attend toujours son procès, elle qui fait également face à une accusation de voies de fait pour s’en être prise à l’huissier qui était venu l’expulser de son logement.

Christopher Dégarie Giroux

En août, un jeune homme dans la vingtaine a été pris en flagrant délit alors qu’il tentait d’agresser une fillette de neuf ans dans les toilettes du restaurant McDonald’s de la rue Denison, à Granby. Comme il avait déjà des antécédents en la matière, Christopher Dégarie Giroux s’est vu accusé d’agression sexuelle, de contacts sexuels et d’avoir omis de respecter une ordonnance qui lui interdisait de se trouver en présence d’une personne âgée de moins de 16 ans. En mai 2018, à Longueuil, il avait été condamné à 90 jours de prison pour agression sexuelle, contacts sexuels sur un mineur, non-respect de ses conditions et fabrication de fausses preuves en cour. Deux ans plus tôt, il avait été trouvé coupable de vol qualifié et d’entrave au travail des policiers. L’évaluation psychiatrique de l’accusé a déterminé que celui-ci était apte à subir son procès.

Pratiquement en même temps, l’enquête préliminaire de Robert Côté a mené à sa remise en liberté en attendant la suite des procédures. L’ancien vice-président aux affaires juridiques à la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui avait été trouvé coupable de possession de pornographie juvénile et avait bénéficié d’une absolution inconditionnelle, a dû débourser 20 000 $ pour sa caution. Il est accusé de leurre d’enfant et d’agression sexuelle d’un mineur, des crimes qui se seraient produits dans son condo de Granby où une perquisition a eu lieu en août.

Deux molosses s’en sont pris à Geneviève Piacentini en bordure de la route 112, à Saint-Césaire, à la fin juillet. — Photos archives La Voix de l’Est

Des accusés à quatre pattes

Après que trois chiens aient violemment attaqué une joggeuse à Potton, en mars, deux molosses s’en sont également pris à Geneviève Piacentini, une Rougemontoise qui s’était arrêtée à une brocante en bordure de la route 112, à Saint-Césaire, à la fin juillet. Les blessures infligées à la sexagénaire étaient si graves qu’on a craint pour sa vie. Une accusation de négligence criminelle causant des lésions a été portée en décembre contre le maître des chiens, Mario Fortier.

Capturées par la SPA des Cantons, les bêtes, qui n’étaient pas attachées et qui avaient déjà donné la frousse à plusieurs passants, ont été euthanasiées. 

L’organisme avait eu à intervenir quelques jours auparavant dans une affaire similaire, quand deux chiens ayant échappé à la vigilance de leur propriétaire avaient mordu une cycliste à Dunham. Les boxers ont aussi été euthanasiés.

Mais les animaux n’ont pas été que des bourreaux cette année ; certains ont plutôt été victimes de la méchanceté humaine, comme Bruce, un chat ayant été transpercé par une flèche d’arbalète entre les deux épaules, en juin. Heureusement, le félin a pu être sauvé, contrairement aux trois chats de Josée Mercier, qui ont fini dans la piscine familiale après avoir été tués par un inconnu.

Enfin, une étrange histoire de bestialité a défrayé les manchettes en septembre. Gérard Denis, 54 ans, devra faire face à la justice pour s’être introduit dans une ferme de Marieville, en juillet, afin d’assouvir ses bas instincts avec certaines occupantes bovines de l’endroit.

Giuseppe de Leto

Des procès qui font jaser

Après son complice Francis Yergeau, reconnu coupable à la fin 2018 du double meurtre de la Granbyenne Nancy Beaulieu et de Martin Fontaine, respectivement gérante et propriétaire du cabaret érotique maskoutain Le Flamingo, ce fut au tour de Giuseppe de Leto de subir son procès pour répondre d’accusations de meurtre au premier degré dans le but de prendre possession du bar de danseuses. L’individu a lui aussi été reconnu coupable au terme des audiences portant sur sa cause, en mars. La tentative du prévenu pour faire appel de cette décision, le mois suivant, s’est avérée vaine. Comme son complice, de Leto a été condamné à une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

En outre, le remorqueur Jean Boissonneault a subi un second procès pour répondre d’accusations d’agression sexuelle sur une personne d’âge mineure, un crime qui aurait été commis en 2003. Le verdict de culpabilité a été maintenu à l’endroit de l’homme de 36 ans au terme du procès qui a eu lieu en octobre.

Christian Bertrand n’aura pas eu plus de chance, lui qui a choisi de plaider coupable en mai pour le meurtre non prémédité d’un octogénaire commis à Farnham en 2011 afin de s’éviter un second procès et de diminuer sa peine. Les parties se sont entendues sur une sentence en échange d’un plaidoyer de culpabilité à l’accusation de meurtre non prémédité, enregistré le 2 mai dernier. Selon cette entente entérinée par le juge Charles Ouellet, de la Cour supérieure, M. Bertrand, 54 ans, a de nouveau été condamné à la prison à vie, mais pourra bénéficier d’une libération conditionnelle après 10 ans d’incarcération. Étant donné qu’il avait été arrêté au lendemain du crime, le 22 septembre 2011, il pourrait donc recouvrer sa liberté en 2021.

Patrice Bernard a eu un peu plus de chance. En octobre, l’un des trois accusés dans le meurtre de l’homme d’affaires Alain Bernard, survenu à Granby en 1987, a été remis en liberté en attendant son second procès. La Cour d’appel a statué que le juge au procès de Patrice Bernard, tenu à Granby en 2015, avait commis trois erreurs de droit et que ces manquements justifient la tenue de nouvelles audiences.

Surnommé le « Tanguy incendiaire », Marc Tétrault a quant à lui écopé de deux ans de prison en octobre pour avoir mis le feu à la résidence familiale, en avril, après que sa mère lui ait demandé de déménager. En plaidant coupable aux accusations qui pesaient contre lui, soit incendie criminel, menaces, fraude et possession de métamphétamines, l’homme de 40 ans a évité la tenue d’un procès. 

En famille

En juillet, les proches de Jacques Choquette ont pu entamer leur deuil après que les ossements de l’homme disparu en novembre 2016 aient été découverts à Stukely-Sud. Rappelons que le Granbyen avait quitté son domicile en soirée et devait rentrer une heure plus tard. Il n’était jamais revenu. Sa voiture avait été découverte incendiée le lendemain de la disparition survenue dans un champ du Petit rang six à Saint-Valérien-de-Milton. En novembre 2018, trois hommes ont été arrêtés et accusés du meurtre de Choquette. Il s’agit de Daniel Giroux, 53 ans, de Shefford, Stéphane Blanchard, 36 ans, de Granby et Mathieu Valade Williams, 28 ans, d’Eastman.

En outre, les membres d’une famille syrienne ont pris place au banc des accusés dans une affaire qui s’apparente à un crime d’honneur. Des accusations de harcèlement et de menaces de mort ont été déposées contre Rami et Yazn Aiesh, respectivement âgés de 20 et 18 ans, et leur mère Madjeh Halawleh, âgée de 39 ans. Le principal plaignant aurait subi les foudres des accusés — notamment par téléphone — pour avoir eu une relation sexuelle avec un autre membre de la famille Aiesh et avoir ensuite refusé de la marier. Réfugiés de Syrie, les Aiesh sont résidants permanents au Canada depuis janvier 2016. Les accusés ont été remis en liberté en attendant leur procès.

Jean-Guy Tarte, un producteur maraîcher de Bromont, a eu toute une surprise un matin de juillet : son enseigne aux airs d’épouvantail, qu’il s’était fait subtiliser cinq ans plus tôt, a été remise à sa place.

Larcins dans les champs

Le vol nocturne et inusité de 2000 plants d’ail aux Jardins Côte à Côte, à Shefford, a fait le tour de la province en juillet. Malgré les appels à tous et de fausses annonces sur Kijiji, l’odorant larcin est disparu sans laisser de trace.

L’objet d’un autre vol, cette fois commis en 2014, a toutefois été retourné à son propriétaire. Jean-Guy Tarte, un producteur maraîcher de Bromont, a eu toute une surprise un matin de juillet lorsque son enseigne aux airs d’épouvantail, qu’il s’était fait subtiliser cinq ans plus tôt, a été remise à sa place. Les « kidnappeurs » avaient même pris la peine d’écrire une lettre d’excuses humoristique, soulignant tout le plaisir qu’ils ont eu avec le personnage baptisé Carl.