Pierre Paradis a de nouveau fait face à une tempête en juin dernier, quand la Commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale a rendu un rapport accablant à son endroit.

2018 sous l’angle politique

Avec notamment trois ministres élus et deux frères Paradis dans la tourmente, cette année politique a été riche.

La révérence de Pierre Paradis

Absent depuis plus d’un an à l’Assemblée nationale, en raison d’une violente commotion cérébrale dont il peine à se remettre, celui qui a représenté Brome-Missisquoi depuis 38 ans a connu une année difficile.

Si le Directeur des poursuites criminelles et pénales avait choisi de ne pas porter d’accusations contre Pierre Paradis en 2017, alors ciblé par une plainte pour inconduite sexuelle, le député a de nouveau fait face à une tempête en juin dernier, quand la Commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale a rendu un rapport accablant à son endroit.

Dans celui-ci, la commissaire Ariane Mignolet concluait que l’élu avait utilisé son allocation pour frais de logement provenant de fonds publics pour loger gratuitement, ou presque, des membres de sa famille dans des logements qu’il occupait dans le cadre de sa fonction de député. Des renseignements provenant de l’Unité permanente anticorruption sont à l’origine de l’enquête.

Pour sa défense, M. Paradis a fait valoir, d’abord dans un communiqué, puis dans une lettre adressée à ses collègues parlementaires, que toute cette histoire était une vendetta entretenue à son endroit par son ancienne chef de cabinet. Il a déclaré avoir toujours respecté les règles et n’avoir rien à se reprocher.

S’il n’a jamais annoncé officiellement son retrait de la scène politique, Pierre Paradis n’a pas sollicité de nouveau mandat. Il a toutefois pu finir sa carrière dans le giron libéral, après en avoir été expulsé au début de 2017. En plus de le réintégrer au caucus du parti, ses collègues ont voté contre la pénalité de 25 000 $ que souhaitait lui imposer Mme Mignolet.

Sans grande surprise, puisqu’elle a été en tête de tous les sondages tenus au cours de la campagne électorale, la caquiste Isabelle Charest a emporté la faveur des électeurs, portée par la vague caquiste qui a déferlé sur tout le Québec le 1er octobre dernier.

Brome-Missisquoi passe à la CAQ

Comme Brome-Missisquoi était désormais à prendre, les candidats ont afflué pour tenter d’être élus dans ce qui a été, pendant près de 40 ans, un château fort libéral. Pas moins de huit personnes se sont inscrites sur les bulletins de vote.

Pour conserver la circonscription sous son aile, le Parti libéral du Québec a misé sur Ingrid Marini, une ancienne attachée de circonscription de Denis Paradis, député fédéral de Brome-Missisquoi et frère du député sortant. La Coalition avenir Québec a pour sa part retenu les services de l’Olympienne Isabelle Charest, tandis que le Parti québécois était représenté par Andréanne Larouche. Alexandre Legault a porté les couleurs de Québec solidaire, Élisabeth Dionne a représenté le Parti vert du Québec et Manon Gamache était candidate pour Citoyens au pouvoir du Québec. Enfin, c’est dans la circonscription qu’on a retrouvé le seul candidat au Québec de la formation Voie du peuple, Marc Alarie.

Sans grande surprise, puisqu’elle a été en tête de tous les sondages tenus au cours de la campagne électorale, c’est Isabelle Charest qui a emporté la faveur des électeurs, portée par la vague caquiste qui a déferlé sur tout le Québec le 1er octobre dernier.

François Legault n’a pas oublié sa promesse au moment de nommer des députés de la région au conseil des ministres, alors que le loyal François Bonnardel, député de Granby depuis 2007, a obtenu l’important portefeuille des Transports. Il est également ministre responsable de l’Estrie.

Enfin, des ministres dans la région !

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, affirmait que l’Estrie était déterminante pour former le prochain gouvernement. Il n’a pas oublié sa promesse au moment de nommer des députés de la région au conseil des ministres, alors que le loyal François Bonnardel, député de Granby depuis 2007, a obtenu l’important portefeuille des Transports. Il est également ministre responsable de l’Estrie.

André Lamontagne, qui représente la circonscription de Johnson pour le parti depuis 2014, a été nommé ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation ainsi que responsable de la région du Centre-du-Québec.

La recrue Isabelle Charest n’est pas en reste puisqu’elle est désormais ministre déléguée à l’Éducation, une thématique proche au cœur de celle qui était jusqu’à son élection employée de la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

Seule des 73 élus caquistes à ne pas avoir obtenu de fonction supplémentaire­ à celle de député, Claire Samson souffre également de graves ennuis de santé.

La disgrâce pour Claire Samson

Seule élue de la région a avoir été boudée par son chef, Claire Samson a connu un mauvais début de second mandat. Réélue avec plus de la moitié des suffrages dans sa circonscription d’Iberville, la députée était pourtant pressentie par plusieurs pour devenir la prochaine ministre de la Culture et des Communications.

Mise devant le fait accompli durant la cérémonie d’assermentation des députés et ministres, Mme Samson a quitté précipitamment l’Assemblée nationale avant d’affirmer qu’elle réfléchissait à son avenir politique.

Celle qui souffre d’épilepsie depuis de nombreuses années a également éprouvé de graves problèmes de santé cet automne, ce qui l’a empêché de siéger. Son état s’étant aggravé — elle a perdu 40 livres en deux mois et dit ne pas avoir d’énergie, de tonus, ni d’endurance —, Mme Samson n’a pas hésité à attribuer une partie de sa rechute à la décision de son chef de l’écarter du caucus.

Enfin, l’élue a dû faire le deuil de son fidèle compagnon, son chien Pepper, qui l’accompagnait en Chambre.

Le leadership du député de Brome-Missisquoi Denis Paradis est remis en question par certains membres de son association de circonscription.

Guerres intestines au PLC Brome-Missisquoi

La vie politique a également été mouvementée au niveau fédéral, alors que le leadership du député de Brome-Missisquoi Denis Paradis est remis en question par certains membres de son association de circonscription. Une pétition réclamant une course à l’investiture dans le comté en vue de l’élection de 2019 a été signée par au moins 400 personnes affiliées à « l’équipe du renouveau ».

Ses détracteurs reprochent aussi à M. Paradis son manque d’écoute dans certains dossiers, ainsi que d’avoir embauché son personnel de circonscription pour travailler lors d’activités liées à son vignoble.

Le principal intéressé nie les allégations portées à son endroit, disant qu’il s’agit d’une vaste machination orchestrée par une poignée de militants libéraux dans Brome-Missisquoi, Stéphane Beaulac et Guillaume Tétreault en tête, afin de l’évincer de son siège de député.