La directrice de la santé publique en Estrie, Dre Mélissa­ Généreux­, a indiqué que des « pistes atypiques » seront­ étudiées­ pour poursuivre l’enquête sur les cas de légionellose­ à Granby.

2018 en santé

Feu vert à l’unité de soins intensifs

Projet fort attendu depuis des années dans la région, la nouvelle unité de soins intensifs du centre hospitalier de Granby (CHG) se concrétisera d’ici la fin de 2020. Le CIUSSS de l’Estrie et la Fondation du CHG en ont fait l’annonce officielle à la fin octobre.

En fait, le projet est sur la table depuis plus d’une décennie et est devenu incontournable. « On ne peut pas dire qu’un secteur qui a été bâti il y a 40 ans et qui a eu très peu de rénovations fonctionnelles et d’améliorations est encore à la page en 2018. [...] Les soins intensifs à Granby ont besoin d’amour. D’être réaménagés sous une nouvelle forme », a indiqué le président-directeur général adjoint du CIUSSS de l’Estrie, Dr Stéphane Tremblay.

Le projet de la nouvelle unité de soins intensifs au centre hospitalier de Granby doit se concrétiser d’ici la fin de 2020.

Ainsi, la nouvelle aile aura une superficie de 800 mètres carrés (plus de 8600 pieds carrés), soit près du triple de l’actuelle, qui s’étend sur 245 mètres carrés (environ 2600 pieds carrés). Cet ajout couvrira approximativement la moitié de la toiture de l’urgence. On y maintiendra le nombre de chambres à huit. Elles seront toutefois beaucoup plus vastes, climatisées, conviviales pour les proches et le personnel et dotées d’équipements à la fine pointe de la technologie. La proximité avec le bloc opératoire permettra également d’accroître l’efficacité des effectifs médicaux. On y aménagera aussi des locaux destinés aux professionnels ainsi qu’aux étudiants, de même qu’un poste de garde central. La construction devrait être lancée sous peu. Les travaux s’échelonneront sur environ 24 mois. Le budget a été bouclé grâce à l’apport de la Fondation du CHG, qui injecte 4,5 M$, tandis que le CIUSSS de l’Estrie octroie près de 2 M$.

Légionellose : le mystère persiste

La Direction de la santé publique (DSP) de l’Estrie croyait que la propagation de la légionellose avait été endiguée à Granby en 2017, alors que neuf personnes avaient contracté la bactérie legionella durant la saison chaude. Or, le dossier a été remis sur la table, car six personnes de la municipalité ont été contaminées cette année. L’une de ces personnes est d’ailleurs décédée après son admission aux soins intensifs. Le plus récent cas recensé remonte à la fin novembre. Notons que ce type d’infection touche en moyenne une à deux personnes pendant la saison estivale en Estrie.

Cette maladie microbienne, s’attaquant aux poumons et provoquée par la bactérie, se transmet par l’aspiration de gouttelettes d’eau la contenant. Le pic « normal » de légionellose s’étend de juillet à octobre. Proliférant généralement dans les tours de refroidissement, les bactéries peuvent également se développer dans des pommeaux de douche et des chauffe-eau, entre autres.

On voit ici une esquisse du futur CHSLD de Granby.

Étant donné la complexité de l’enquête sur les cas de légionellose à Granby, la DSP étudiera au cours des semaines à venir des « pistes atypiques ». Parmi ces pistes qui sortent de l’ordinaire figurent notamment les épiceries, qui pourraient être testées encore plus en profondeur pour déceler la moindre trace de contamination.

Nouveau CHSLD à deux pas de l’hôpital

La Fondation Horace-Boivin devrait obtenir le contrat du nouveau CHSLD à Granby, qui constitue un dossier très important pour l’amélioration des soins de santé dans la région. L’immeuble de six étages sera érigé à l’angle du boulevard Leclerc et de la rue Déragon. Le centre d’hébergement devrait être opérationnel à l’automne 2020 et remplacer ainsi l’ancienne église Saint-Joseph, tombée sous le pic des démolisseurs en juillet 2017 en raison de sa désuétude. Le terrain est la propriété de la Fondation Horace-Boivin. L’organisation travaille de concert avec l’entreprise Construction Longer dans le dossier. Cette dernière s’occupera du volet construction tandis que la Fondation verra à la gestion.

Par ailleurs, étant donné l’ampleur du projet et le nombre requis de cases de stationnement, la Fondation Horace-Boivin a acquis une maison juste à côté du site de l’ancien lieu de culte, rue Laurier. L’organisation dispose également d’une option d’achat sur les deux demeures voisines.

Les débordements récurrents à l’urgence de Granby donnent des maux de tête tant au personnel, déjà à bout de souffle, qu’aux usagers.

Un autre site était pressenti pour la construction du CHSLD sur le terrain des Industries Cresswell, près de l’aréna. Le soumissionnaire de ce projet, Médifice, est une entreprise de Boisbriand spécialisée dans le créneau de la santé depuis plus de 20 ans.

La Fondation aura deux ans pour boucler le projet une fois le contrat officiellement accordé par le CIUSSS de l’Estrie.

Victoire pour le CHSLD Horace-Boivin

Après des mois de tractations et une vaste mobilisation citoyenne, le CHSLD Horace-Boivin de Waterloo a été sauvé. Le dossier est intimement lié à la construction du nouveau centre d’hébergement à Granby. Initialement, le projet consistait à transférer 64 lits du Centre Leclerc, sis à même l’hôpital de Granby, vers le futur CHSLD. On parlait ainsi d’un ajout global de 32 places sur un total de 96. Or, ce nouvel établissement ne répondait pas à l’ensemble des besoins du territoire. Le projet avait donc été bonifié à 198 places, dévoilait La Voix de l’Est en juin 2017. Toutefois, la construction du centre d’hébergement devait entraîner la fermeture du CHSLD Horace-Boivin, jugé trop vétuste pour une mise à niveau. Ce qui avait engendré une vaste levée de boucliers dans la région. Un comité de sauvegarde a rapidement été mis sur pied, multipliant les actions pour maintenir la pression sur Québec. Le groupe avait lancé la campagne du carré vert, enjoignant la population à l’arborer. Plus de 2200 bouts de tissus symboliques ont trouvé porteurs. Un « marathon musical » avait aussi eu lieu en soutien à la cause. De plus, une pétition cumulant près de 5000 signataires avait été présentée à l’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Ce dernier a finalement confirmé le 26 janvier que le nouveau CHSLD à Granby disposera de 176 places. Il a également annoncé le maintien de 22 des 43 lits de soins de longue durée au CHSLD de Waterloo, ce qui nécessitera des travaux de l’ordre de 4,8 M$.

Après des mois de tractations, le CHSLD Horace-Boivin a été sauvé de la fermeture.

Débordements récurrents à l’urgence

Au début décembre, avant même l’annonce du premier cas de grippe dans la région, l’urgence de Granby débordait depuis plus d’un mois. Un cocktail explosif auquel sont confrontés les effectifs médicaux, déjà à bout de souffle. Afin d’avoir un portrait de la situation, La Voix de l’Est avait recensé les données de la « situation dans les urgences » sur la plateforme Web du CIUSSS de l’Estrie. Du 29 octobre au 29 novembre, celle du CHG a été en surcapacité durant au moins 30 jours. À titre d’exemple, le 28 novembre à midi, l’urgence de l’hôpital de Granby était occupée à 155 % avec 31 civières comblées sur une capacité de 20. Du nombre, sept patients étaient à l’urgence depuis 24 heures ou plus et trois y étaient alités depuis au moins deux jours, tandis que 13 personnes étaient en attente d’hospitalisation. Au même moment, mis à part l’hôpital Fleurimont et l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke puis l’hôpital Brome-Missisquoi-Perkins (BMP) de Cowansville, les urgences des autres établissements en Estrie ne débordaient pas et n’affichaient aucun patient y séjournant depuis plus d’une journée ou en attente d’hospitalisation. Les causes à l’origine des débordements récurrents à l’urgence de Granby sont nombreuses. Les répercussions le sont tout autant. La quantité insuffisante de civières et l’incapacité d’en ajouter en raison de la configuration de l’hôpital comptent parmi la liste des contraintes, estime la présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est, affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin. La difficulté de recruter du personnel infirmier et le haut taux d’absentéisme des effectifs médicaux au CHG font aussi partie de l’équation.