Édouard Lagacé sur le point de se lancer dans une performance musicale au milieu de l’allée d’autobus

200 touristes vivent l’Expérience Embargo

Ils ont été plus de 200 touristes à avoir fait confiance aux organisateurs de la seconde mouture de l’Expérience Embargo et à s’être ainsi embarqué pour une aventure agrotouristique nouveau genre dans la région de Brome-Missisquoi.

Comme son nom le suggère, l’originalité de l’activité repose sur le fait que les participants s’embarquent dans un tour guidé dont les arrêts sont totalement inconnus.

« Le matin, les gens savaient seulement qu’ils allaient visiter une microbrasserie, deux vignobles et qu’il allait y avoir un souper spectacle à la fin », explique Philippe Mercier, l’un des organisateurs de l’Expérience Embargo et responsable de la programmation.

Il faut dire que les participants avaient toutes les raisons de faire confiance aux organisateurs. La première édition de l’Expérience avait été très appréciée par les participants. « On a envoyé un questionnaire pour avoir l’opinion des gens et savoir quels étaient les aspects à améliorer. Le taux d’appréciation des gens étaient de 97 % ! », souligne M. Mercier.

Nouveaux arrêts
Quelques modifications ont tout de même été apportées pour cette année. La journée a été raccourcie et de nouveaux arrêts ont été ajoutés, mais la principale nouveauté a été l’ajout de quatre microbrasseries dans le circuit. Soit celle des Brasseurs de West Shefford, de la Brasserie Dunham, de Sutton Brouerie et de Farnham Ale & Lager « qui a vraiment fait triper les gens », souligne M. Mercier.

Huit vignobles au total ont également été visités, même si chaque groupe ne visitait toutefois qu’une microbrasserie et deux vignobles durant la journée.

Les vignobles participants étaient le Clos Saragnat à Frelighsburg, le vignoble des Côtes d’ardoises, le Chateau de cartes, le vignoble Val Caudalies et le Clos Ste-Croix à Dunham, le Domaine Bresee à Sutton, le vignoble du Domaine du Ridge à Saint-Armand, et le vignoble de l’Ardennais à Standbridge East.

L’autre surprise du début de la journée était les performances musicales d’artistes de la région données durant les trajets. Lors du passage de La Voix de l’Est à la microbrasserie West Shefford, le chanteur Édouard Lagacé s’apprêtait à se lancer dans une performance, jouant debout au milieu de l’allée d’autobus. Le chanteur Mark Mahoney a également diverti les passagers durant la journée.

Le souper spectacle qui clôturait cette journée bien remplie était assuré par nul autre que Vincent Vallières qui, aux dires de Philippe Mercier, a été séduit par le concept.

Très peu de publicité a été faite pour promouvoir l’événement. Preuve que le bouche-à-oreille fonctionne encore bien, les organisateurs ont réussi à remplir cinq autobus avec seulement 54 $ investis en publicité ! Les touristes provenaient principalement de l’extérieur de la région avec deux autobus partis de Saint-Hyacinthe, autant de la Rive-Sud de Montréal, et un autobus de Cowansville.

Difficultés financières
Comme l’an dernier, la température des plus clémentes a permis de montrer la région sous son plus beau jour. Et comme l’an dernier, le succès apparent de l’activité cachait une situation économique plus difficile. La première mouture de l’Expérience Embargo était déficitaire. Cette fois, les organisateurs bénévoles ont réussi à dégager un maigre profit inférieur à mille dollars. Contrairement à d’autres joueurs dans l’industrie touristique, et malgré son statut d’organisme à but non lucratif, l’Expérience Embargo ne reçoit aucune subvention gouvernementale et s’est vu refuser à deux reprises une aide financière du Pacte rural, qui appuie l’industrie agrotouristique.

« Nous allons [...] voir ce qui arrivera avec le projet », avance Philippe Mercier, qui croit que l’organisation pourrait avoir droit à certaines subventions après deux années d’existence.

Plusieurs scénarios sont sur la table, mais l’objectif demeure le même : réussir à trouver une façon de faire des profits tout en gardant l’activité accessible pour les participants et en continuant d’apporter des retombés intéressantes aux artisans de la région.

De l’achat de frites jusqu’à la location des autobus, la presque totalité du budget de l’Expérience est dépensée auprès d’entreprises bromisquoises.