Pour Noah Dufresne, ce n'est pas la beauté de l'emballage qui compte, c'est la qualité du cadeau.

200 cadeaux, 200 sourires pour Noël

La musique de Noël à fond la caisse, une trentaine d'élèves et quelques bénéficiaires de la Fondation Roger-Talbot s'évertuaient jeudi à emballer des cadeaux qui seront remis, dans les jours à venir, à des familles en difficulté.
Tels les lutins du père Noël, les élèves de première secondaire du groupe d'engagement communautaire du Collège Mont-Sacré-Coeur allaient de station en station pour réaliser chacune des étapes de cette activité organisée au quart de tour. Les bénéficiaires, eux, classaient les précieux cadeaux.
Après une douzaine d'années de parrainage de cadeaux de Noël, on peut dire que l'événement est devenu une tradition. Comme toute tradition, ça a commencé petit avec l'initiative de quelques jeunes qui voulaient permettre à des familles dans le besoin d'offrir un cadeau à leurs enfants pour les Fêtes.
La Fondation Rober-Talbot et le CLSC ont été mis à contribution afin de créer tout un système permettant de répondre à la demande. Ainsi, le CLSC remet à la fondation une liste contenant les noms de familles défavorisées avec le sexe et l'âge des enfants. 
Cette année, ce sont 400 cadeaux qui ont été parrainés par les 700 élèves de l'école et par des anciens. Comme il y avait 200 noms sur la liste - ce qui représente un peu moins du double de l'an dernier -, des cadeaux d'anniversaire pourront aussi être remis tout au long de la prochaine année. 
« L'achat des cadeaux est fait en fonction de l'âge et du sexe, c'est pour ça que ce ne sont jamais les mêmes cadeaux, explique Louis-André Côté, enseignant responsable de l'activité. Ça peut être 5 $, 30 $, il n'y a pas de prix, c'est le geste qui compte. Si on fait 200 parrainages, je vois ça en nombre d'enfants qui vont sourire à Noël. »
Chaîne d'emballage
Le Collège Mont-Sacré-Coeur a pris de véritables allures de fourmilière jeudi après-midi. Dans la chapelle, les 400 cadeaux avaient été placés entre les bancs donnant à l'endroit des airs de magasin de jouets.
Noah Dufresne était fier de dire qu'il en avait emballé plusieurs lors du passage de La Voix de l'Est. Peu de temps plus tard, il venait de livrer son treizième cadeau à un bénévole de la Fondation Roger Talbot, chargé de les classer par la suite.
« Ça n'a pas besoin d'être parfait, super bien collé, c'est juste que ce soit correct et bien placé, explique-t-il avec vivacité. Entre un super beau paquet avec un cadeau poche ou un super cadeau avec un emballage moins beau, je choisis le beau cadeau. C'est ce qui est à l'intérieur qui compte et comment la personne a donné son énergie. On s'amuse beaucoup ! J'aime vraiment ça. »
Légo, poupées, figurines de la Guerre des étoiles, il y avait de tout pour les enfants. « Je trouve ça vraiment le fun et c'est une bonne idée pour les enfants, commente Félix Bergeron avec enthousiasme. Ça leur donne de l'espoir. Je suis fier qu'on les aide. »
L'adolescent a discuté avec verve de l'activité, tout en se débattant contre le papier qui ne pliait pas aussi bien qu'il le souhaitait. 
« Je trouve que c'est le fun parce que ça donne quelque chose de mieux à faire que l'école, ajoute pour sa part Frédérick Riendeau avec une grande honnêteté. J'aime ça aider les enfants qui n'ont pas la chance d'avoir de cadeaux à Noël. »
Pour sa part, Maxime Choinière dit être « brûlé », alors que la cloche de la récréation vient de sonner. Et pour cause, il en a emballé une dizaine, dit-il. Il a d'ailleurs appris à bien emballer un cadeau lors d'un cours 101 donné plus tôt à l'école avec des boites de papier mouchoir et du papier journal. 
Travail d'équipe
« La chaine humaine, c'est le plus beau moment de la journée, remarque Louis-André Côté. À 15 h 30, on est 50 personnes qui font trois étages dans les escaliers jusqu'à la remorque géante pour transporter les cadeaux. Ils partent pour la Fondation Talbot et rendus là-bas, c'est le processus inverse. »
« On est une douzaine de personnes là-bas pour tout séparer, poursuit Patrick Talbot. Les cadeaux de fête s'en vont au troisième étage où on les distribue tout au long de l'année. »
Dès ce week-end, les parents devraient commencer à recevoir un appel pour qu'ils viennent chercher les cadeaux pour leurs enfants dans les locaux de la fondation. 
« Ce n'est pas quelqu'un qui cogne à la porte pour remettre le cadeau, confie M. Côté. Les parents viennent chercher le cadeau de façon anonyme, donc l'enfant ne saura jamais que ses parents sont en difficulté financière. Comment un enfant de 5-6 ans peut comprendre que le père Noël est passé chez les voisins, mais pas chez lui ? La fondation permet à ces familles-là [de ne pas être oubliés]. »