Carl Bouvier amassait des signatures au restaurant La Belle Province jeudi afin de pouvoir déposer sa candidature à la mairie de Granby.

15% de rabais contre une signature

Le Granbyen Carl Bouvier, candidat à la mairie en 2013, n'a rien perdu de ses ambitions politiques. Il amassait des signatures jeudi au restaurant La Belle Province afin de pouvoir déposer à nouveau sa candidature à la mairie de Granby.
L'attention de La Voix de l'Est a été attirée par une publication sur les réseaux sociaux, dans laquelle l'aspirant candidat, qui ne s'identifiait pas, invitait la population à se présenter à ce restaurant entre 11h et 17h. Il soulignait du même coup que les signataires de son formulaire de candidature obtenaient un rabais de 15 % sur leur facture, sauf sur les hot-dogs, offerts à 0,89 $. 
Vérification faite, cela n'avait rien d'une blague. Carl Bouvier, qui avait obtenu 230 votes en 2013, soit 0,89 % des appuis, arrivant bon dernier dans la course à six candidats, était sur place pour accueillir les clients. 
Et si le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) n'a pu dire avec précision si cette initiative est passible d'une infraction ou non (voir encadré), Carl Bouvier estime que sa démarche n'a rien de problématique. « Ce n'est pas moi qui paye. C'est une promotion qu'offre le restaurant pour m'encourager. Ce n'est pas pour acheter personne », a laissé tomber celui qui a déjà travaillé à cet endroit.  
Un bon maire
Carl Bouvier, 31 ans, reconnaît qu'il commence à se faire tard pour se lancer dans une course à la mairie, mais cela est loin de le freiner. Celui qui dit avoir « grandi aux côtés de [l'ex-maire] Horace Boivin », un ami de son père, affirme viser le poste de premier magistrat depuis longtemps. 
Sa défaite cuisante d'il y a quatre ans ne le décourage d'ailleurs pas le moins du monde. Il l'explique simplement par son manque d'expérience politique. Il dit ainsi avoir « grandi » de ça. 
Pourquoi ne pas d'abord tenter de se faire élire comme conseiller municipal ? « Parce qu'il y a beaucoup de bons conseillers. Mais ça prend un bon maire. Et ça, il n'y en a pas », répond Carl Bouvier du tac au tac.
Celui, qui est aussi chanteur à ses heures, affirme pour sa part vouloir « changer les choses » et avoir « plusieurs projets en tête ». Il se dit notamment préoccupé par la question du stationnement au centre-ville de Granby, problématique selon lui.
Son adversaire d'il y a quatre ans, élu maire et à nouveau candidat, Pascal Bonin, avait évoqué l'idée d'ajouter un stationnement à étages au centre-ville, rappelle-t-il. Une idée qu'il fait aujourd'hui sienne. « Il (Pascal Bonin) n'a toujours pas réglé le problème. Et au lieu d'aller de l'avant avec ce projet-là, il est allé vers une piscine. Je ne dis pas que l'idée est mauvaise, mais ce n'est peut-être juste pas le bon moment », laisse tomber Carl Bouvier.
Monorail
S'il obtient 100 signatures et dépose officiellement sa candidature, Carl Bouvier croit qu'un stationnement étagé et payant, près du Zoo de Granby pourrait aussi être une option à étudier. Tout comme l'ajout d'un monorail, entre l'autoroute des Cantons-de-l'Est et le Zoo de Granby. Selon lui, cela pourrait résoudre le problème de congestion routière observée dans la route 139 durant certaines périodes de pointe à l'été. 
Mais encore là, l'aspirant politicien qui, lors d'un débat en 2013, avait reproché au maire sortant et candidat, Richard Goulet, d'avoir exproprié le bar de danseuses nues Le Studio, n'a aucun chiffre à avancer et il n'élabore pas davantage sur la faisabilité de la chose. En « s'accommodant avec les villes avoisinantes », le monorail pourrait peut-être même se rendre un jour jusqu'à Montréal, croit Carl Bouvier. 
Ses idées valent bien celles des autres candidats, est-il convaincu. Et s'il va au bout de sa démarche, il entend mener « une vraie campagne » et il participera aux débats, s'il reçoit une invitation en ce sens.
Une zone grise, indique le DGEQ
Comme le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) ne commente pas les cas particuliers, il n'a pas voulu se prononcer jeudi sur l'initiative mise de l'avant par Carl Bouvier pour récolter des signatures à son bulletin de candidature à la mairie.  
Cependant, la situation ne semble avoir rien de simple à analyser, notamment parce que M. Bouvier, qui a écopé d'une amende de 500 $ pour avoir remis en retard son rapport de dépenses électorales de 2013, n'est pas encore officiellement candidat. Il en serait autrement s'il était candidat officiel et que cette initiative était réalisée en période électorale pour obtenir des votes. L'article 591 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités ne permet pas d'agir ainsi. 
L'article 162 prévoit pour sa part que la déclaration de candidature doit être accompagnée d'une déclaration signée par la personne qui a recueilli les signatures d'appui attestant qu'elle connaît les signataires, qu'ils ont apposé leur signature en sa présence et qu'à sa connaissance ils sont des électeurs de la municipalité.
Est-ce que l'application de cet article pourrait poser problème ? Le dépôt d'une plainte pourrait permettre d'aller chercher l'information nécessaire pour déterminer s'il y a infraction ou non, a déclaré Julie St-Arnaud-Drolet, relationniste au DGEQ.