Carolyne Massé, son conjoint Patrick Laperle et leurs quatre filles : Aurélie, 11 ans, Loryane, 9 ans, Rosalie, 7 ans, et Emmy, 5 ans.

12 pays et 11 mois plus tard...

« Extraordinaire », « formidable », « magnifique », « amazing », « il n’y a pas de mots », « au-dessus de nos attentes ». La famille Laperle-Massé n’a que du positif à dire de son tour du monde entamé le 7 août dernier. De retour au Québec depuis mardi soir, elle se réinstalle tranquillement dans sa maison de Saint-Césaire et son petit train-train quotidien.

Quand ils ont accepté de rencontrer La Voix de l’Est, cette semaine, 48 heures ne s’étaient pas encore écoulées depuis qu’ils avaient franchi le poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle. « On n’a même pas vu notre monde encore ! » a lancé Carolyne Massé, la mère du clan.

Elle et son conjoint, Patrick Laperle, ont mis quatre ans à préparer leur périple de onze mois. Quatre ans à multiplier les heures supplémentaires et à faire maints sacrifices pour amasser les 120 000 $ qu’ils s’étaient donné comme budget pour vivre cette grande aventure avec leurs quatre filles — Aurélie, 11 ans, Loryane, 9 ans, Rosalie, 7 ans, et Emmy, 5 ans.

Leur itinéraire les a amenés dans une douzaine de pays, à Paris, d’abord, puis en Namibie pour une excursion safari en caravane motorisée. Ils se sont ensuite rendus en Afrique du Sud, en Indonésie, en Thaïlande, au Cambodge, au Vietnam, en Australie, au Chili, à l’Île de Pâques, en Bolivie, au Pérou, aux îles Galapagos, en Équateur, et ont terminé leurs aventures à New York.

Expériences, rencontres et souvenirs
Ils ont vu un éléphant bardasser leur caravane motorisée... alors qu’ils se trouvaient à l’intérieur ! Ils ont escaladé un volcan et l’ont entendu rugir. Ils ont roulé en 4X4 des heures durant sans voir rien ni personne dans le désert des plus grosses dunes de sable du monde. Ils ont pêché des poissons venimeux — « juste des poissons venimeux, on n’est vraiment pas doués ! » lance en riant Carolyne.

Ils ont joué à Tarzan sur des lianes en Amazonie. Ils ont nagé avec des tortues de mer dans l’océan. La cadette, Emmy, a même eu droit à 48 h d’anniversaire à cause du décalage horaire entre l’Australie et le Chili !

Si les deux plus vieilles ont préféré les pays d’Asie du Sud-Est pour « les paysages et la bonne bouffe », les deux plus jeunes penchent plutôt pour l’Australie « pour la Grande barrière de corail ». Les parents, eux, admettent avoir eu un faible pour l’Afrique. « C’est ce qui m’a le plus rentré dedans parce que c’est tellement loin de notre réalité... », affirme Carolyne.

« Les animaux sauvages, les paysages désertiques... c’était vraiment à couper le souffle », renchérit Patrick.

Entre les nouvelles expériences, les belles rencontres et les nombreux souvenirs qu’ils ont emmagasinés, les Laperle-Massé n’ont pas manqué d’inclure des moments pour faire l’école sur la route à leurs enfants... même si c’était parfois dur de se motiver. « Disons que ça a été un beau défi. Notre motivation allait en diminuant avec le temps », avoue Carolyne.

Le couple se considère néanmoins chanceux dans toute cette aventure de n’avoir vécu aucun pépin grave. « Juste des petites choses mineures, genre une otite. »

Ils sont même parvenus à respecter leur budget, le coût total de leur tour du monde leur ayant coûté 110 000 $, ont-ils calculé. « Et on ne s’est pas privé ! » assurent-ils.

La fin
Mais voilà, cette année de rêve tire à sa fin. Patrick reprendra son poste de monteur de ligne chez Hydro-Québec le 16 juillet. « Juste le temps de défaire nos boîtes et de s’installer un peu », estime-t-il.

Mais les Laperle-Massé ne craignent pas de reprendre la routine. « On n’est pas malheureux d’être revenus. On aimait notre vie avant, et on va continuer à l’aimer. C’est pas comme si on avait fait ça pour tout plaquer et changer de vie », soutient Carolyne.

Elle ajoute du même souffle que de toute façon, ce répit est bienvenu. « En voyage, on est toujours en mode survie. On ne ressentait pas la fatigue, mais là, elle ressort. Le corps est vraiment fatigué », constate-t-elle.

Quoi qu’il en soit, ils ne regrettent rien. Ils retirent énormément de cette expérience grandiose. « On n’en revient pas de tout le matériel qu’on a ici ! On a vécu 11 mois avec seulement un sac à dos chacun ! » fait remarquer Patrick, qui est d’avis que l’expérience ramène à l’essentiel.

« C’était beau aussi de voir nos filles grandir dans cette aventure, confirmer leur caractère, s’affirmer de plus en plus. Loryane, qui était notre plus timide, était celle qui bargainait nos fruits au marché à la fin. En espagnol », ajoute Carolyne.

« Elles ont aussi beaucoup appris la patience ! » reprend-elle, faisant allusion aux nombreuses heures de transport de toutes sortes. « Probablement notre plus grande difficulté. »

Surtout, les Laperle-Massé retiennent que « réaliser ses rêves, même les plus fous, ça se fait quand on y met beaucoup de cœur, de temps et d’énergie et qu’on ne se décourage pas à la moindre difficulté ».

Ils sont d’ailleurs déjà prêts à repartir ! « C’est sûr qu’on va repartir. Mais ça risque d’être des voyages de moins grande envergure... », affirment-ils, terre à terre.