L'ancien directeur général par intérim du CSSS de la Haute-Yamaska, Rémi Brassard.

10e Palmarès des urgences Granby recule, BMP avance

L'hôpital de Granby, qui figurait l'an dernier parmi l'élite des établissements régionaux au palmarès des urgences de La Presse, vient de voir sa cote globale s'éroder, passant de B+ à C+. Cette dégringolade est notamment attribuable au temps moyen d'attente, qui a bondi de 14 h 36 à 18 h 36. De son côté, l'hôpital Brome-Missisquoi-Perkins (BMP) améliore sa situation, un pas à la fois.
Le centre hospitalier de Granby (CHG), qui était l'un des cinq meilleurs établissements de plus de 10 000 civières lors du recensement précédent, vient de chuter de deux positions. Pourtant, les dirigeants de l'organisation ont donné un important coup de barre au cours des dernières années, abaissant entre autres la durée d'attente moyenne de près de huit heures à l'urgence.
Il semble que les efforts pour enraciner un changement de culture au sein des effectifs médicaux n'aient pas été suffisants pour contrer le ressac du vieillissement de la population. «Ce qui a été un des enjeux importants pour nous au cours de la dernière année est l'accessibilité aux lits de courte durée. Avec les nouvelles places en ressources intermédiaires sur le territoire, on n'avait presque plus de problèmes avec les personnes en attente d'hébergement. Mais là, tout est au maximum de sa capacité. C'est un peu la même dynamique que nous vivions en 2010. Ça engendre un effet domino et l'urgence écope», a fait valoir en entrevue l'ancien directeur général par intérim du Centre de santé et des services sociaux (CSSS) de la Haute-Yamaska, Rémi Brassard.
En mode «solutions»
Rappelons que le palmarès prend en compte quatre critères: le nombre d'heures moyen des patients à l'urgence, le pourcentage des personnes âgées de 75 ans ou plus, celui de la quantité de cas sur civière nécessitant une hospitalisation. Le taux des séjours de 48 heures ou plus complète la liste. Le CHG avait réussi le tour de force d'abaisser cet indice à 0,4% l'an dernier. Il s'agissait d'un des meilleurs résultats au Québec. Or, cette balise a grimpé à 4,3%. Bien que «prévisible», cette donnée déçoit particulièrement M. Brassard, qui est maintenant directeur des services multidisciplinaires au sein du Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie.
«À partir du moment où on convient que des séjours de 48 heures à l'urgence, et même de 24 heures, ce n'est pas acceptable, on met en place des mesures pour les éliminer», avait-il indiqué à La Voix de l'Est, il y a un an. «On campe au même endroit pour 2015», a réitéré M. Brassard, assurant que les gens à la tête de la nouvelle superstructure sont actuellement en «mode solutions». «Est-ce qu'on a assez de places en hébergement pour la population? Est-ce qu'on est trop vite "sur la gâchette" pour déclarer les personnes en hébergement? On pourrait peut-être retourner des gens chez eux en les soutenant davantage avec des soins à domicile. On travaille sur deux fronts en ce moment.»
BMP récolte un C
Malgré qu'il figure toujours au bas du classement (34e sur 43) des établissements de moins de 10 000 civières, l'hôpital BMP pratique la théorie des petits pas. Cela lui a valu de passer d'une cote D à C en trois ans. L'établissement de Cowansville s'approche par ailleurs de l'indice provincial en ce qui concerne le temps d'attente moyen, atteignant 16 h 42, avec 12 minutes supplémentaires. Le taux des patients qui doivent séjourner plus de deux jours à l'urgence a fléchi de 8,7% à 7%.
À la lumière de ses données, l'homologue de M. Brassard au CSSS La Pommeraie, Bruno Petrucci, a concédé qu'il y a «place à amélioration». Celui qui agit maintenant comme directeur qualité évaluation performance et éthique au CIUSSS de l'Estrie voit toutefois d'un bon oeil cette lente, mais constante ascension. «Il y a deux ans, on a amélioré la gestion de nos lits en hospitalisation. On a aussi mis en place des outils plus performants, comme le soutien à domicile pour les personnes âgées. Les chiffres [du palmarès] n'ont pas fait un bond fulgurant, mais on voit qu'on est dans la bonne direction.»