Danny et sa conjointe Mélanie ont laissé derrière eux sept ans de vie commune dans la métropole pour déménager dans le petit village de Stanbridge East en octobre dernier.
Danny et sa conjointe Mélanie ont laissé derrière eux sept ans de vie commune dans la métropole pour déménager dans le petit village de Stanbridge East en octobre dernier.

« Un désir profond de revenir à l’essentiel »

« J’ai décroché du rythme de la ville. J’étais tanné de rentrer dans le métro et d’être pris comme une sardine, revenir à la maison le soir et voir mes enfants 30 minutes. » C’est à partir de ce constat que Danny et sa conjointe Mélanie ont laissé derrière eux sept ans de vie commune dans la métropole pour déménager dans le petit village de Stanbridge East en octobre dernier.

Pourtant, le couple était bien établi. Lui était directeur administratif dans une boîte multimédia ; elle, éducatrice en CPE. Mais le rythme de vie effréné de la ville a fini par peser lourd sur leurs épaules.

« Je ne sentais plus mon avenir à Montréal depuis longtemps. Mélanie s’est elle aussi rendu compte que la qualité de vie n’était plus ce qu’elle était avec des enfants », raconte Danny, qui souhaitait offrir quelque chose de meilleur à sa progéniture.

Un retour vers la vie à sa plus simple expression, combiné à un appel de la terre a fait faire le grand saut à la petite famille aussi composée de la jeune Lou, 5 ans, et du petit Lemmy, un an et demi.


« Ma plus grande, on la voit tous les jours aller cueillir des fraises dans le champ à côté. On voit le bonheur qu’elle vit. Et ça, ça vaut tous les efforts qu’on a faits. »
Danny

Parce qu’outre ce changement de cap, les amoureux avaient un objectif en tête. « On savait qu’on voulait travailler en agriculture. »

Ainsi, à 40 et 43 ans, Danny et Mélanie ont jeté leur dévolu dans la culture de micropousses. « C’était un désir profond de revenir à l’essentiel et de faire quelque chose pour la survie humaine. De se sentir utile. »

Un projet familial

Après des essais-erreurs, des sacrifices, du jus de bras et de cerveau, les entrepreneurs, qui partagent leur vie depuis huit ans, sont enfin parvenus à mettre au monde leur projet : Les Jardins Lemmy Lou. Un projet familial, mais appelé à grandir au fil des années et à se décliner en différentes phases.

Mais pour l’instant, c’est dans le garage de 325 pieds carrés de leur nouvelle maison que l’on trouve les jeunes pousses.

À travers la mise sur pied de son plan d’affaires, le couple a aussi rénové entièrement son garage pendant trois mois.

À travers la mise sur pied de son plan d’affaires, le couple a aussi rénové entièrement son garage pendant trois mois.

« C’est toujours une surprise pour les gens quand ils entrent à l’intérieur. C’est un espace très blanc, presque chirurgical. »

La petite ferme urbaine est bien pensée : la culture se fait à la verticale, ce qui permet tout de même d’avoir une bonne capacité de production tout en économisant de l’espace.

Ainsi, à 40 et 43 ans, Danny et Mélanie ont jeté leur dévolu dans la culture de micropousses.

« Ça prend bien deux personnes de Montréal pour partir une ferme urbaine en campagne », lance Danny en riant.

Les entrepreneurs peuvent produire 50 plateaux de micropousses par semaine, soit 350 paquets. « Mais on a l’espace pour doubler », assure Danny , précisant que sa jeune entreprise devra faire ses preuves avant de prendre trop d’ampleur.

Le couple n’en est qu’à son deuxième mois de vente, et il affirme que la réaction est très bonne.

Leur plan d’affaires était établi pour approvisionner les restaurateurs, mais la pandémie est venue brouiller les cartes.

« La COVID est arrivée au moment où on faisait nos demandes de financement. Ça a été un gros défi. Nos plans ont changé et on s’est reviré de bord. »

Les micropousses des Jardins Lemmy Lou sont maintenant vendus à quelques endroits, soit au Marché Gendreault à Notre-Dame-de-Stanbridge, à La ferme des trois clefs à Granby, à La cabane du maraîcher à Bedford et au kiosque de la Coopérative Le Terroir Solidaire, situé au Marché fermier de Frelishburg.

Et comment l’intégration dans le milieu se passe-t-elle ? Danny avoue que la pandémie a freiné les rencontres, mais il ne s’en fait pas outre mesure.

« On veut s’intégrer à la communauté et la nourrir, mais pas juste avec les pousses. On a d’autres phases en tête, dont des phases maraichères. Ça va venir avec le temps. On veut garder ça le plus près de nous possible, alors on n’a pas le choix de s’intégrer », laisse-t-il tomber.

UNE GRANDE CONCENTRATION DE NUTRIMENTS

En plus d’ajouter du goût aux plats, les micropousses sont bourrées de nutriments. « En fait, on retrouve les nutriments dont la plante a besoin pour pousser dans seulement quelques feuilles », détaille Danny. 

Une fois la graine de la plante germée, des cotylédons en émergent. C’est précisément dans cette feuille que se retrouvent les nutriments. « Il y en a jusqu’à 40 fois plus que dans un légume mature! » 

Il existe aussi diverses variétés de micropousses comme les pousses de choux rouges, de radis daïkon ou encore de pois. Aux Jardins Lemmy Lou on se concentre sur la culture d’une dizaine de variétés afin de bien les maîtriser. 

Si Danny concède que la patience et le temps sont la clé pour une micropousse réussie, l’équipement nécessaire est tout de même simple. On aura besoin de semences, de la terre, des plateaux et des étagères ainsi que de lumière. 

«Ça prend tout ça. Ce sont des petits bébés, il faut s’en occuper plusieurs fois par jour, sans les négliger », termine Danny