Une vingtaine de personnes ont répondu à l’appel du CIUSSS de l’Estrie pour sa séance de « repêchage majeur », qui se tenait notamment à Cowansville.

« Repêchage majeur » du CIUSSS de l'Estrie: seulement une vingtaine de visiteurs à Cowansville

Le CIUSSS de l’Estrie a mobilisé plus d’une dizaine de personnes provenant de ses établissements et de maisons d’enseignement, dont le Cégep de Granby, pour accueillir et recruter des candidats, jeudi en fin d’après-midi du côté de Cowansville. Or, seulement une vingtaine de personnes s’y sont présentées.

Il s’agissait d’une deuxième expérience du genre, alors qu’une séance de « repêchage majeur » avait lieu simultanément à Cowansville et à Sherbrooke. Quelque 2000 postes seront à combler durant l’année dans différentes catégories d’emplois dans les secteurs paratechniques, techniques, des soins infirmiers et de l’administration.

Installés dans un local du CLSC de Cowansville, des membres du personnel de quelques catégories d’emplois attendaient que des visiteurs viennent les questionner sur leur métier.

« On leur demande de remplir un formulaire pour voir quel est leur profil de carrière et leurs intérêts pour être capable de les rediriger vers une profession, explique le coordonnateur planification et gestion des effectifs, François Laperle. Ça nous permet de leur donner des indications sur les opportunités d’emplois et de les référer à notre site web pour appliquer. On doit colliger toute l’information et, si leur profil répond à nos besoins, on les convoque rapidement en entrevue. »

La Voix de l’Est a rencontré sur place deux personnes intéressées à réorienter leur carrière. Kevin espérait pouvoir être engagé et avoir une formation de préposé aux bénéficiaires tout en travaillant. Il a cependant été référé à la table où se trouvaient les maisons d’enseignements, comme le Cégep de Granby. « Ils donnent de l’information, constate-t-il. Pour moi, tout dépendra si le gouvernement peut financer le cours parce qu’à temps plein, ça risque d’être difficile avec les enfants. » Il a été référé à l’organisme Emploi Québec, qui pourra lui présenter certaines options.

Kevin est à la recherche d’un nouveau défi. « Ça fait un bout que j’y pense. Je me voyais bien là dedans, aider les patients à l’hôpital. J’en ai eu besoin et j’aimerais redonner à la société. »

Près de lui, Martial remplissait lui aussi un formulaire. L’entreprise pour laquelle il travaille fermera ses portes le 31 mars et il souhaite se réorienter après plus de 10 ans dans le domaine de l’imprimerie. À la suggestion de sa mère, qui travaille au CHUS, il est venu s’informer sur la profession de brancardier. « Je venais voir si c’était possible, si c’est quelque chose qui peut m’intéresser. Être brancardier, ça demande un côté physique et un côté humain aussi. »

Besoins actuels et futurs

Le CIUSSS de l’Estrie cherche surtout à recruter pour combler les besoins en cas de vacances, de congé de maladie et de départ à la retraite. Annuellement, les Réseaux locaux de services (RLS) La Pommeraie et Haute-Yamaska ont besoin de 450 nouveaux employés.

« Ça ne veut pas dire qu’en ce moment il manque ces ressources-là sur le terrain, mais ce sont nos besoins annuels pour être capable de couvrir à la fois les besoins actuels et futurs », reprend M. Laperle.

Malgré les carences actuelles en matière de main-d’œuvre, le CIUSSS ne peut pas offrir de salaires concurrentiels, étant contraint de respecter les normes dans le réseau de la santé, mais aussi les 56 conventions collectives en vigueur. « Par contre, il y a des choses qu’on a mises en place. Par exemple, on offre des postes très intéressants pour les emplois de catégorie 1, c’est-à-dire infirmière, infirmière auxiliaire, inhalothérapeute, poursuit M. Laperle. Pour les types d’emplois qui n’ont pas de poste à l’entrée, on offre des garanties d’emploi, comme pour les préposés aux bénéficiaires. On leur offre du sept jours par deux semaines à l’année et, durant la période estivale, les gens peuvent monter à huit jours par deux semaines, ce qui est très compétitif par rapport à d’autres organisations. Il y a aussi les agentes administratives à qui on offre l’équivalent de trois jours par semaine à l’entrée. Il n’y a pas de garantie de temps plein non, en ce moment. »

Le réseau de la santé en Estrie n’a jamais compté autant d’employés, mais les besoins sont en constante hausse et le recrutement peine à y répondre, conclut-il, ce qui explique la tenue d’une telle séance de « repêchage ».