«Jamais nos clients n’ont été en détresse», clame le directeur général de la résidence privée Le Riverain.

« On répond à tous les besoins », assure le DG du Riverain

La pénurie de préposés aux bénéficiaires (PAB) à la résidence Le Riverain, à Granby, n’a aucune incidence sur les soins prodigués à la clientèle. C’est notamment ce qu’a fait valoir le directeur général de l’établissement, Normand Breault, en réaction à l’article publié dans La Voix de l’Est, mardi, dans lequel deux membres du personnel remettaient notamment en question les conditions de travail et la sécurité des résidents.

« On répond à tous les besoins de la clientèle. Il n’y a pas de négligence, d’aucune façon. [...] Jamais nos clients n’ont été en détresse », a clamé le DG en entrevue.

« Ce n’est pas normal qu’en plein milieu de ton quart de travail, tu aies le goût de te rouler en petite boule pour pleurer. Ce qui se passe, c’est une véritable crise. Chaque jour, on frôle la catastrophe, affirmait l’une des deux employées, qui est infirmière auxiliaire. On doit faire notre travail en plus de celui des préposés. Le pire dans tout ça, c’est qu’en plus du personnel, les résidents écopent aussi. Ils n’ont pas les soins et l’attention auxquels ils ont droit. Notre conscience professionnelle en prend un coup. On ne peut pas tolérer ça. »

Sa collègue alléguait qu’elles se retrouvaient souvent seules pour s’occuper de résidents d’un étage complet. Ce que nie catégoriquement Marylène Duval, directrice des services de santé au Riverain.

De plus, selon les deux collègues, une dizaine de PAB ont quitté la résidence privée au cours des derniers mois, soit environ le tiers de l’ensemble des effectifs de l’établissement dans ce domaine. Mme Duval évoque plutôt la moitié de ce nombre, mentionnant que deux postes de PAB sont actuellement à pourvoir.

Perception

Dans l’article publié mardi, la fille d’une résidente du Riverain lève le voile, sous le couvert de l’anonymat, sur ce que vit le personnel au quotidien. « Je suis moi-même préposée aux bénéficiaires. Je n’ai absolument rien à dire à propos de la qualité des soins et du dévouement des employés. Je les regarde aller et les seuls mots qui me viennent en tête, c’est “au secours”. Le rythme de travail et les conditions sont insoutenables. Une petite tape dans le dos et un salaire décent, ça fait du bien. »

Ce que réfute M. Breault. « C’est triste d’avoir une perception comme celle-là. Ça nous préoccupe. [...] Mais sur le plan de l’organisation, il n’y a pas de défaut », a-t-il fait valoir, soulignant que plusieurs incitatifs pour contrer l’absentéisme ont été mis en place. Notamment l’octroi de certificats-cadeaux « à ceux qui respectent leur horaire de travail ».

La dame a également évoqué que la situation s’envenime depuis le temps des Fêtes. Selon Mme Duval, seuls quelques épisodes sont survenus en décembre dernier où des infirmières auxiliaires ont été appelées à faire des quarts de travail comme PAB.

Pas question non plus de laisser les effectifs à eux-mêmes, a renchéri le DG du Riverain. « C’est plus difficile dans le contexte de pénurie [de main-d’œuvre], mais on soutient toujours notre personnel. »