« La façon de vivre en ce moment mène la Terre à sa perte ». C’est le message que Dominic Champagne, l’instigateur du Pacte pour la Transition est venu livrer aux élèves de l’école secondaire Haute-Ville, lundi après-midi.

« Nous menons la Terre à sa perte »

« La façon de vivre en ce moment mène la Terre à sa perte ». C’est le message que Dominic Champagne, l’instigateur du Pacte pour la Transition est venu livrer aux élèves de l’école secondaire Haute-Ville, lundi après-midi.

Le metteur en scène s’est arrêté à Granby pour « alerter et conscientiser » les jeunes sur la situation actuelle de la planète Terre.

« La science nous dit qu’il nous reste de 10 à 12 ans pour modifier radicalement nos manières de faire, sinon c’est la catastrophe », a-t-il indiqué en faisant référence aux évaluations du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui rapporte que la situation de la planète se dégrade depuis 1988.

Si la population n’effectue aucun changement, la planète se réchauffera de cinq degrés d’ici 81 ans, prévient-il.

« Le GIEC est même sorti de son devoir de réserve pour peser sur le bouton panique », a-t-il imagé.

M. Champagne a surpris les élèves lorsqu’il les a bombardés de questions : « Qui pense que la situation va s’améliorer ? Qui croit à la démocratie ? Qui connaît le Pacte ? Qui ne croit pas aux changements climatiques ? »

Les élèves de 1re et 2e secondaire qui étaient réunis à l’auditorium en ont appris davantage sur ces concepts, M. Champagne jouant le rôle de vulgarisateur.

La dégradation s’accentue

Ce dernier, qui se considère « écoanxieux », a partagé son inquiétude face à l’avenir de la planète. « Y a-t-il un avenir pour cette planète ? À qui appartient de décider de la qualité de notre avenir ? », s’est-il questionné.

Pour illustrer la dégradation des sols, il a entre autres pris l’exemple des pesticides. Selon lui, les intérêts de ceux qui vendent des pesticides sont élevés. « Les décisions ne sont pas prises selon l’intérêt commun », a-t-il dit en faisant référence au lanceur d’alerte Louis Robert qui a été congédié pour avoir dénoncé l’ingérence du privé dans la recherche publique sur les pesticides.

« Les discours dominants tentent de semer le doute. Ceux qui nous dirigent n’arrivent pas à régler le problème auprès de ceux qui ont intérêt à ce que ça continue comme ça », a-t-il poursuivi.

Il a aussi donné les exemples de la perte de la moitié de la biodiversité en 50 ans et des catastrophes naturelles. Celles-ci s’amplifieront de plus en plus et leur fréquence sera de plus en plus rapprochée.

« Vous êtes dans un monde qui se dégrade rapidement », a-t-il lancé aux jeunes.

De surcroît, nous, les habitants de la Terre, aurions besoin de l’équivalent de 3,2 planètes en termes de ressources pour soutenir notre mode de vie.

M. Champagne a donc invité les jeunes à prendre conscience de leurs habitudes de vie et les a invités à les revoir.

Il a proposé de réduire de 50 % la consommation de viande, d’utiliser le transport en commun et de « s’éloigner du pétrole » en prenant l’avion le moins souvent possible.

« Un voyage en avion élimine tous vos efforts. Le tourisme de masse dégrade le monde », a-t-il avancé.

De 2000 à 2016, les émissions de gaz à effet de serre (GES) par le secteur des transports ont augmenté de 19 %.

L’instigateur du Pacte a aussi contredit les dirigeants qui voient de la richesse dans le pétrole.

Il a ainsi critiqué Justin Trudeau, premier ministre du Canada, au sujet du pipeline Trans Mountain qui vise à faire circuler davantage de pétrole à travers le pays. M. Champagne a aussi donné en exemple la subvention accordée au gouvernement albertain lui permettant d’acheter jusqu’à 7000 wagons-citernes afin de faciliter les exportations de pétrole vers les marchés étrangers.

Contrat social

Selon l’activiste, la résistance citoyenne peut avoir des impacts sur les décisions gouvernementales. Les travaux de recherche et d’exploitation d’hydrocarbures sur l’île d’Anticosti ou encore le projet d’oléoduc Énergie Est ont été abandonnés grâce au mouvement citoyen.

Il a alors invité les jeunes à signer le Pacte pour la Transition. « Le Pacte reconnaît l’urgence de réduire les gaz à effet de serre. On s’engage individuellement à faire notre part à la hauteur de nos moyens pour atteindre l’objectif de diminuer de 50 % les GES d’ici 2030 », a-t-il résumé.

« Si on veut exiger que la science soit au cœur des décisions, il faut se lever », a-t-il terminé.

Un comité vert pour faire sa part

Dans le cadre du virage vert de l’école secondaire Haute-Ville, un comité vert a été fondé par les enseignants Marie-Hélène Arbour et Dominic Fontaine, cette année.

Initiative de Mme Arbour, la conférence de Dominic Champagne était une bonne façon de lancer le coup d’envoi du comité vert composé de 32 élèves qui s’impliquent bénévolement.

« Ils contribuent à la collecte des matières recyclables. À partir de cette année, on récupère le carton, le plastique et le verre. Sans la part des élèves, c’était impossible, car ça ne fait pas partie des tâches du concierge », explique Mme Arbour, projetant d’ajouter le compost au projet l’an prochain.

Ainsi, les élèves sont divisés en 16 équipes de deux. À tour de rôle, ils consacrent entre 20 et 30 minutes pour faire la collecte. Pour Félicia Bissonnette, en 2e secondaire, il s’agit d’une première implication environnementale.