Mario Boucher disait n’avoir rien à se reprocher quant à la dizaine de gestes allégués par la victime.

« Le tribunal ne croit pas l’accusé »

Le tribunal a rejeté, lundi, la version d’un homme de Granby qui niait avoir agressé sexuellement une fillette de son entourage.

Mario Boucher, un mouleur de 48 ans, a soutenu à son procès qu’il n’avait rien à se reprocher et que la dizaine de gestes allégués par la victime — et qui seraient survenus à Granby et Roxton Falls — n’avaient jamais été posés.

Jamais, alors qu’elle était âgée entre 8 et 15 ans, il n’a caressé l’entrejambe de l’enfant et jamais elle ne lui a fait de fellation à sa demande, avait-il déclaré. Il ne lui a pas non plus demandé, sans succès, de le masturber.

Mais la Cour du Québec n’a pas retenu ce témoignage. « Le tribunal ne croit pas l’accusé », a indiqué le juge Paul Dunnigan en rendant son verdict en fin de journée.

Il a trouvé douteux le fait que le quadragénaire disait avoir été trop occupé à travailler pour avoir commis les infractions retenues. La mémoire de M. Boucher, pourtant très bonne, devenait floue sur les sujets compromettants. Finalement, son attitude générale à son procès, tel son agacement face à certaines questions, a aussi fait sourciller le juge.

Quant au témoignage de la victime, aujourd’hui âgée de 19 ans, il comporte quelques contradictions « mais rien qui ne permet de nier sa fiabilité », a dit le juge Dunnigan. « Il est crédible. »

Profil
Par conséquent, M. Boucher, qui est aussi père d’un enfant en bas âge, a été déclaré coupable des quatre accusations déposées contre lui en 2016, incluant contacts sexuels avec une mineure, incitation à des contacts sexuels et voies de fait. Il n’avait pas d’antécédent judiciaire et s’expose à une peine maximale de 14 ans de prison.

Pour la Couronne, Me Élise Côté-Lebrun a demandé que l’accusé soit évalué quant à son profil sexologique afin de déterminer la peine qui lui convient. Ce à quoi Me Crystel Demers, de la défense, ne s’est pas opposée. Le dossier doit revenir devant la cour en août.