D’abord une activité parascolaire, la robotique est devenue un programme en règle offert par l’école secondaire Massey-Vanier.
D’abord une activité parascolaire, la robotique est devenue un programme en règle offert par l’école secondaire Massey-Vanier.

« La Lamborghini de l’ordinateur » pour des élèves de Massey-Vanier

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Le programme de robotique de l’école secondaire Massey-Vanier de Cowansville continue de rayonner. L’entreprise Best Buy Canada vient d’ailleurs de remettre une bourse de tout près de 10 000 $ à l’école secondaire, qui pourra ainsi se doter de nouveaux ordinateurs ultra performants pour la modélisation 3D.

Massey-Vanier devient ainsi l’une des 15 écoles secondaires canadiennes, sélectionnées parmi 260 candidates, à remporter cette bourse. Cette année, seules deux écoles secondaires québécoises ont eu ce coup de pouce financier, l’autre établissement étant l’école montréalaise Antoine de Saint Exupéry.

En tout, les établissements boursiers pouvaient toucher jusqu’à 10 000 $ chacun, portant à 117 877 $ la somme totale remise en ce début d’année.

L’école secondaire cowansvilloise a pour sa part reçu les 9974 $ demandés, montant qui sera utilisé pour le programme de robotique, précise Thierry Lopez, directeur marketing et affaires corporatives chez Best Buy Canada.

L’argent servira à équiper les locaux du programme de robotique de nouveaux ordinateurs plus puissants, explique Jean-François Mailhot, enseignant et porte-parole du programme. Dans le secret depuis la mi-décembre, celui-ci est ravi de savoir que son école bénéficiera de cet important coup de pouce financier.

« On souhaite permettre aux élèves de mettre leur idée sur papier, puis d’en faire un dessin technique sur l’ordinateur et de l’imprimer en trois dimensions », poursuit-il.

La bourse financera donc l’acquisition de ces appareils à la fine pointe de la technologie, sur lesquels pourront également être installés des logiciels de programmation plus performants et poussés que ceux qu’utilisent actuellement les élèves. « On parle vraiment de la Lamborghini de l’ordinateur ! , lance M. Mailhot. Avec ça, on n’aura plus de limites. En fait, la seule limite qu’on aura, ce sera l’ingéniosité de nos jeunes. »

Explorer les nouvelles technologies

Ce projet cadre parfaitement avec l’objectif de la bourse techno STIM (pour sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) du marchand de matériel informatique, qui vise à récompenser et à soutenir les différents programmes scolaires permettant l’exploration des nouvelles technologies.

Best Buy estime d’ailleurs que « le Canada accuse un retard bien documenté dans le domaine [et] qu’il est important d’aider les éducateurs à offrir les bons outils aux élèves, pour les inspirer, les motiver et leur donner les moyens de poursuivre leurs études dans ces domaines. Nous espérons qu’en nous concentrant sur ces domaines, nous encourageons les écoles à soutenir les élèves voulant se lancer dans les filières [technologiques]. »

« Nous avons été impressionnés par l’innovation dont leur programme fait preuve, leur professionnalisme, passion, préparation et l’impact positif de ce programme sur les élèves, ceux des classes régulières aussi bien que sur les élèves qui présentent des troubles reliés au spectre de l’autisme, mentionne M. Lopez dans un échange de courriels. On ne soupçonne pas le travail quotidien des enseignants et équipes des écoles et surtout leur dévouement pour nos jeunes et nous sommes heureux de pouvoir contribuer à de belles initiatives comme celle-ci ! »

Popularité et persévérance

D’abord une activité parascolaire, la robotique est devenue un programme en règle offert par l’école à la rentrée de 2017.

Chaque semaine, les étudiants suivent cinq heures de cours en robotique, en plus de s’impliquer dans divers projets en dehors des heures de classe et de prendre part à des compétitions de robotique certaines fins de semaine. Ils peaufinent également leurs connaissances en ingénierie, en physique, en aéronautique et en mécanique en besognant sur des robots.

« Si on inclut tous les cours de science, de technologie et de mathématiques offerts en option, ça représente jusqu’à 50 % de toute la matière enseignée pour les élèves qui auront suivi le programme pendant les cinq années du secondaire », illustre l’enseignant.

Tout près d’une centaine d’élèves suivent actuellement le programme, un nombre qui est en constante augmentation. Signe qu’il permet de lutter contre le décrochage scolaire, le taux de diplomation des élèves du programme est d’ailleurs de 100 %.

« Et 95 % des élèves ont des cours de sciences et de mathématiques avancés », souligne M. Mailhot.

Sur les 50 élèves de la 3e à la 5e secondaire qui composent la première cohorte du programme, seuls quatre n’envisagent pas avec certitude d’entamer une carrière dans le secteur des technologies. « C’est vraiment le domaine de l’avenir », estime leur professeur.

Les chèques seront remis dans le cadre d’une cérémonie tenue dans chaque école, mais dont les dates n’ont pas encore été dévoilées.

Des bourses sont également offertes aux écoles primaires. Le dépôt annuel des mises en candidature aura lieu ce printemps.

Depuis la création de son programme de bourses, il y a 12 ans, Best Buy a offert plus de 2 millions de dollars à plus de 210 écoles canadiennes pour leur permettre d’acheter de la technologie, en plus d’offrir des bourses d’études postsecondaires et d’aider les étudiants à parfaire leurs connaissances.