Céline Paris et Sylvie Tanguay ont acheté une chambre hyperbare commerciale pour en faire profiter la population.

« J’ai vu une grosse différence pour mon fils »

Elle ressemble un peu à un vaisseau spatial, mais a la capacité de faire descendre ses passagers sous les profondeurs de l’océan, et ce, tout en restant sur terre. Deux femmes de la région ont fait l’acquisition d’une chambre hyperbare afin d’en faire profiter la population de la région.

Sylvie Tanguay en a eu l’idée en regardant l’émission Donnez au suivant. Mère d’un enfant autiste, elle a noté les changements tangibles que peuvent apporter des traitements en chambre pressurisée pour une personne atteinte d’un trouble du spectre de l’autisme. Son fils Raphaël, qui est âgé de 20 ans, souffre ainsi de troubles autistiques sévères.

Il y a environ 13 ans, elle avait acheté un forfait de 40 séances en chambre hyperbare avec son fils, en espérant faire diminuer ainsi son agressivité. « J’ai vu un énorme changement. Je voyageais jusqu’à Longueuil tous les jours et, à la 4e séance, je voyais déjà une amélioration. Il nous regardait plus, on pouvait le toucher. J’ai vu une grosse différence pour mon enfant et c’est ça qui nous a donné l’idée [d’avoir une chambre hyperbare à Granby]. »

Elle souhaitait de prime abord acheter une chambre hyperbare plus petite pour la maison. Concours de circonstances, son gendre ouvrait sa clinique médicale dans des locaux de l’Usine 231 — la clinique Soins urbain —, et il était disposé à lui louer un local pour rendre la chambre pressurisée accessible au public, moyennant des frais non remboursés par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).

C’est là que Céline Paris entre en scène. Approchée par son amie avec qui elle a étudié pour devenir préposée aux bénéficiaires, Mme Paris a voulu contribuer à ce projet. Elles ont alors créé leur entreprise, Chambre hyperbare Cel-Sy, et ont investi dans une chambre hyperbare commerciale, pouvant accueillir deux personnes. En effet, les enfants doivent absolument être accompagnés d’un adulte. L’appareil est en fonction depuis la fin mars.

« Il est beaucoup plus calme »
Mme Tanguay et son fils l’ont déjà utilisé à 17 reprises. « Mon fils aime tellement ça aller là dedans ! Il est beaucoup plus calme, plus attentionné. À l’école, ce n’est plus le même petit gars. Son chauffeur d’autobus l’a remarqué aussi. »

Installés dans cette grande bulle blanche de forme oblongue dotée de deux hublots, qui devient solide comme de la pierre, les clients sont appelés à « descendre sous l’eau », tout en restant bien installés sur la terre ferme. C’est la pression de l’oxygène dans la chambre qui fait sentir cet effet. Les oreilles se bouchent jusqu’à ce que la chambre soit stable à 12 000 pieds « sous l’eau ».

Dès que les 12 000 pieds sont atteints, le traitement débute et dure une heure.

Oxygénothérapie
« C’est de l’oxygénothérapie. Ça oxygène le cerveau et les cellules, explique Sébastien Beauregard, bachelier en biomécanique et en ergonomie et aussi étudiant à la maîtrise en physiologie de l’exercice à l’université McGill. Dans la littérature, on parle beaucoup de la chambre hyperbare pour les personnes qui ont des commotions cérébrales, les personnes souffrant de fibromyalgie ou de l’arthrite rhumatoïde et pour les blessures sportives. C’est vraiment hallucinant ce que ça fait. On ne peut pas dire que ça guérit, mais ça aide énormément. On voit des résultats, c’est bouleversant. »

Il donne en exemple la sensation de repos lorsqu’un sportif est courbaturé. « C’est comme s’il n’avait rien fait. »

Mmes Tanguay et Paris comptent donc attirer une clientèle plus large que seules les personnes atteintes du TSA.

Rappelons toutefois que Santé Canada ne reconnait pas tous les maux que les cliniques privées disent traiter avec une chambre hyperbare, comme les migraines, la sclérose en plaques, la paralysie cérébrale, le cancer, le sida et les maladies cardiaques puisqu’aucune preuve ne corrobore ces hypothèses.

D’un autre côté, en mars, le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette, s’est dit disposé à donner suite à une demande de la CAQ, qui souhaite que l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) procède à une mise à jour des études scientifiques sur les traitements en chambre pressurisée pour les enfants atteints de paralysie cérébrale.