« Les gens ne ralentissent pas ici, c’est épeurant », dit Marc-Antoine Inkel, dont une vingtaine de ses cèdres ont été fauchés par un automobiliste, mercredi. « C’est sûr qu’il va arriver quelque chose de grave un jour. »

« Ç’aurait pu être des vies fauchées »

Marc-Antoine Inkel s’est souvent plaint de la vitesse excessive dans son quartier. Ce qui est arrivé mercredi lui donne une raison supplémentaire d’être en colère.

Un automobiliste a dérapé devant sa maison située au coin du boulevard Fortin et de la rue Simonds Sud, tôt en matinée, embarquant sur son terrain et fauchant une vingtaine de ses cèdres tout en y laissant des morceaux de pare-choc et un pneu crevé. La voiture a dû être remorquée.

« Pour moi, c’est pas juste des cèdres arrachés, indique le mécanicien industriel de 35 ans. Ç’aurait pu être des vies fauchées. Les gens ne ralentissent pas ici, c’est épeurant. C’est sûr qu’il va arriver quelque chose de grave un jour. »

M. Inkel habite à cet endroit depuis dix ans. Il dit avoir vu un nombre incalculable de dérapages, de collisions avec des bancs de neige et des voitures stationnées ainsi qu’un arbre fauché sur un terre-plein.

Là, il en a assez. « On devait travailler sur le terrain ; une chance qu’on était pas là quand c’est arrivé. Il roulait au moins à 85 km/h et n’a pas freiné du tout. Il aurait pu frapper nos enfants ! La Ville doit agir, sinon quelqu’un va mourir à un moment donné. »

Statu quo
La question de la dangerosité de ce segment de la rue Simonds Sud, où la vitesse permise est de 70 km/h bien qu’une piste cyclable la traverse et qu’il soit à proximité de rues résidentielles, revient fréquemment à l’ordre du jour du conseil municipal de Granby.

En avril, les élus se sont d’ailleurs prononcés pour que la limite de vitesse reste la même. Le président du comité de circulation, Robert Riel, faisait partie des tenants du statu quo. Il estime que l’intersection de la rue Simonds Sud et du boulevard Fortin « n’est pas problématique ».

« C’est pas parce qu’il y a eu un accident là qu’il y a vraiment un problème, dit le conseiller municipal. C’est peut-être un cas isolé. »

M. Riel n’exclut pas que les élus se penchent à nouveau sur la question, mais il rappelle qu’un délai de deux ans est normalement observé avant qu’un même sujet soit remis à l’ordre du jour. « Il y a tellement de plaintes de vitesse partout, on n’en sortirait pas », dit-il.

« Coin dangereux »
Le conseiller municipal du district 4, où habite M. Inkel, Jocelyn Dupuis n’est pas de cet avis. Il reconnaît qu’il s’agit d’un « coin dangereux » et déplore que sa demande pour le rendre plus sécuritaire ait été rejetée. « Je sais qu’on a un problème de vitesse, je vis ici. J’ai fait plusieurs demandes à l’administration, mais mon pouvoir est infime. »

« On est pris avec cette décision pendant deux ans, poursuit-il à propos du statu quo. Mais ça serait plate qu’il arrive quelque chose avant qu’on agisse. »

De son côté, Marc-Antoine Inkel n’en démord pas. « Si c’était à refaire, je n’aurais pas acheté ici. On ne laisse même pas nos enfants jouer en avant. » Il suggère un panneau d’arrêt, un feu de circulation ou un rond-point pour sécuriser l’intersection.

Quant à l’automobiliste fautif, un Granbyen de 17 ans, il a écopé d’une contravention de 957 $ et de quatre points d’inaptitude pour « action dangereuse », précise le porte-parole de la police de Granby, Guy Rousseau.