Exposition

Grèce: une exposition sur le «Beau» à travers l'Antiquité

ATHÈNES — Une exposition sur «les différents aspects du Beau» a ouvert ses portes au public en fin de semaine au musée archéologique national à Athènes, invitant les visiteurs à s'interroger sur la notion de la beauté à travers les diverses périodes de l'Antiquité.

Du néolithique (6500-3200 avant J-C) à l'époque hellénistique (323 av. J-C jusqu'au 30 de notre ère), le musée, l'un des plus importants du pays, appelle les visiteurs à utiliser «tous leurs sens».

L'exposition, qui va durer un an, comprend statues, céramiques et bijoux provenant des collections du musée et l'idée pour sa réalisation émane du précepte de cette institution : «cultiver l'amour des arts» et donc du «Beau», une notion largement élaborée par les philosophes de l'époque classique grecque.

«Habituellement, les livres ou les autres expositions sur le sujet ne présentent qu'un type de beauté, celui de la Grèce classique, des corps athlétiques et sveltes», explique à l'AFP Maria Lagoyiannis, directrice du musée archéologique.

«Mais en vérité, il existe plusieurs aspects du Beau, ils sont indénombrables et dépendent de chaque individu», poursuit-elle.

Le visiteur est invité à parcourir quatre sections. Premièrement, celle de «l'esthétique éternelle» où lui sont présentés des accessoires de beauté de la vie quotidienne dans l'Antiquité : miroirs, peignes, bijoux, vases à parfums...

Ensuite vient «le bon et le souhaitable», qui analyse les préférences esthétiques des sociétés anciennes par rapport aux mythes grecs dont notamment celui de la déesse de l'amour Aphrodite.

La troisième partie est centrée sur «la promotion du corps», qui retrace l'évolution de l'idéal physique à travers les âges.

Et la dernière section, ensemble d'oeuvres intitulé «une recherche sans fin», interroge les visiteurs sur la notion du beau faisant référence aux philosophes grecs.

Les odeurs

«Les femmes modernes n'ont rien inventé. Dès l'Antiquité, les femmes portaient du rouge sur les lèvres, copiaient les coiffures des statues comme maintenant les jeunes filles s'inspirent des magazines, elles avaient même des sortes de wonderbras pour mettre en valeur leur poitrine», note amusée Maria Lagoyiannis.

Parmi les 340 objets exposés, le plus spectaculaire est un parfum intitulé «rose d'Aphrodite», confectionné par la marque des cosmétiques naturelles grecques Korres s'inspirant des fragrances portés dans l'Antiquité.

«Il nous a fallu un an et demi de recherches, écumer les bibliothèques de Grèce et lire les textes antiques pour trouver une recette», raconte Lena Korres, co-fondatrice de cette marque.

«Le plus difficile a été de retrouver les plantes décrites dans les textes, notamment une racine d'une plante nommée Alkanna et qui nous a permis de donner une couleur rouge au parfum», précise-t-elle.

Pour Maria Lagoyiannis, «c'est un rêve pour les archéologues de pouvoir sentir les odeurs de l'époque».

«Nous voulons que tous les sens des visiteurs soient stimulés, la vue bien sûr, mais aussi l'ouïe avec une bande son reproduisant la musique antique, le toucher avec des ateliers que nous mettons en place pour réaliser des tissages, et aussi l'odorat avec ce parfum», dit-elle.

Comptant 150 ans de vie et situé près du centre-ville, le musée archéologique national a accueilli en 2017 plus de 500 000 visiteurs.

Actualités

Pour l'Alzheimer, Martine Ouellet... et contre Trans Mountain

MONTRÉAL — La 12e édition de la Marche pour l'Alzheimer se tient dimanche dans 31 villes du Québec.

L'événement recueille des fonds pour financer les programmes et services offerts à travers les 20 Sociétés Alzheimer du Québec et soutenir les personnes atteintes de la maladie, leur famille et leurs proches aidants.

L'objectif est d'amasser 1,2 million $.

L'astronaute canadien Steve MacLean a été choisi comme ambassadeur par la Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer.

M. MacLean a accompagné, avec sa famille, une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer, soit sa belle-mère. Sa conjointe est devenue proche aidante, mais M. MacLean souligne que toute la famille s'est impliquée.

Plus de 140 000 Québécois sont atteints de la maladie d'Alzheimer ou d'une maladie neurodégénérative. À chaque heure, neuf personnes reçoivent un diagnostic de la maladie, à travers le Canada.

Rassemblement pour Martine Ouellet

Plutôt soumise à la contestation récemment, la chef du Bloc québécois Martine Ouellet aura droit dimanche après-midi à Montréal à un rassemblement de soutien.

Mme Ouellet, dont le leadership et la vision de l'avenir du parti sont mis en doute, assistera à l'événement qui se déroulera au Monument-National.

Fidèles à leur chef, les députés bloquistes Xavier Barsalou-Duval et Marilène Gill seront également présents, ainsi que plusieurs sympathisants comme les artistes Sophie Stanké et Sylvie Legault, la femme politique Andrée Ferretti, et l'écrivaine France Théoret, notamment.

Cette démonstration de soutien survient à cinq jours du début du vote référendaire tenu par le parti concernant la mission du Bloc et le leadership de Martine Ouellet. Les résultats seront dévoilés dimanche prochain, à Montréal.

Manifestation contre Trans Mountain

Membres des Premières Nations, artistes, organisations environnementales et syndicales, ainsi que de simples citoyens participeront dimanche après-midi à Montréal à une manifestation contre le projet d'oléoduc Trans Mountain de la compagnie Kinder Morgan, dans l'ouest du pays.

Le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux, prendra notamment la parole. Selon lui, tout l'argent investi dans ce projet devrait plutôt être utilisé pour favoriser une transition énergétique juste pour les travailleurs et les communautés.

M. Cadieux dénonce par ailleurs l'intervention du gouvernement fédéral qui veut forcer l'adhésion de la Colombie-Britannique au projet albertain. Il estime que cela constitue un affront à la juridiction des provinces à décider «de ce qui est bon pour leur population».

Le projet d'oléoduc de Kinder Morgan vise à construire un nouveau pipeline de 1150 kilomètres entre l'Alberta et la côte ouest de la Colombie-Britannique, ce à quoi s'opposent le gouvernement de cette dernière province. Les Premières Nations et plusieurs groupes environnementaux luttent également contre ce pipeline, qui exporterait le pétrole des sables bitumineux de l'Alberta.

Monde

La Corée du Sud accueille la première «drag parade» de son histoire

SÉOUL — La Corée du Sud a accueilli cette fin de semaine la première «parade drag queen» de son histoire, une victoire pour les militants de l'égalité dans un pays connu pour son conservatisme sur les questions de genre et de sexualité.

Des dizaines de «drag queens» et de «drag kings» ont défilé samedi dans les rues d'Itaewon, une banlieue de Séoul connue pour sa vie nocturne et ses lieux gais.

Vêtus de costumes colorés, parfois perchés sur des talons hauts, agitant des drapeaux arc-en-ciel, ils ont suscité l'étonnement des badauds, parfois leurs encouragements.

L'homosexualité n'est pas illégale en Corée du Sud. Mais beaucoup de gays, lesbiennes et transsexuels sud-coréens se gardent bien de s'afficher en public, par crainte de la discrimination.

En marge de la dernière parade gaie de Séoul, en juillet 2017, la police avait dû surveiller des milliers de contre-manifestants demandant que les homosexuels se repentent de leurs péchés.

Même le nouveau président Moon Jae-In, un ex-avocat spécialisé dans la défense des droits de l'homme et issu du centre-gauche, avait suscité un tollé avant son élection l'année dernière pour avoir dit que l'homosexualité ne lui plaisait pas.

«En Corée du Sud, les garanties en matières de droits de l'homme accordées aux minorités sexuelles sont insuffisantes», déplore auprès de l'AFP Yang Heezy, organisateur de la «Seoul Drag Parade».

«Cette parade et d'autres manifestations de la culture queer doivent être organisées pour que l'attention se porte sur les minorités sexuelles et aider ceux qui n'appartiennent pas à ces minorités à en apprendre davantage», ajoute-t-il.

Un des participants, dont le nom de drag queen est Lola Bank, témoigne d'une forme d'euphorie dans la foule.

«Le fait de pouvoir se montrer en public en drag queen est un énorme moment dans l'histoire de l'acceptation des queers en Corée», affirme Lola, en tirant sur sa cigarette.

«J'ai toujours eu des difficultés avec ma masculinité et ma féminité. M'habiller en drag queen est une façon de dire "va te faire foutre" à la société, à la façon dont elle attend que je me comporte en tant qu'homme.»

Actualités

Plus de 88 000$ pour la santé mentale

GRANBY — La pluie n’a pas eu son mot à dire, samedi, dans l’équation menant au plaisir qu’ont eu les 700 participants au défi EnBarque pour ta Fondation. La compétition amicale et festive de bateau-dragon a permis non seulement d’amasser 88 040 $ pour la Fondation du centre hospitalier de Granby, mais elle a aussi permis de déstigmatiser les problèmes de santé mentale.

« C’est malheureux qu’il ne fasse pas beau, mais l’atmosphère est incroyable, a commenté le porte-parole Jean-Philippe Dion en entrevue alors que la pluie cessait tranquillement. Il y a un sentiment d’équipe, tout le monde veut travailler ensemble. Quand je suis monté sur scène pour saluer les gens, je suis devenu super émotif parce qu’il y a quand même une trentaine d’équipes formées de personnes qui se sont mobilisées pour la santé mentale. C’est la preuve que les gens prennent ça à cœur. Ça me touche. On sent que le tabou est en train de tomber, ce qui est une excellente chose. »

Actualités

Dessine ton patrimoine

Granby — « Avec la pluie, on avait des doutes. » Finalement, François Brosseau est satisfait du succès de la Journée du patrimoine de Granby, samedi. Dessinateurs et passionnés d’histoire ont répondu positivement à l’invitation du regroupement de citoyens Ma ville, mon patrimoine.

Une dizaine de dessinateurs se sont installés dans le secteur du parc Victoria pour croquer sur le vif l’architecture britannique du quartier. Les maisons patrimoniales de la rue Elgin ont été particulièrement appréciées des « sketchers ».

Monde

Guantanamo s’adapte à ses détenus vieillissants

WASHINGTON — Quand ils sont arrivés à Guantanamo, ils étaient des combattants dans la force de l’âge, capturés peu après les attentats du 11 septembre 2001. Plus de 15 ans plus tard, les détenus ont vieilli, et la célèbre prison controversée doit s’adapter.

Cette semaine, la Maison-Blanche s’est apparemment rendue à l’évidence: en l’absence de volonté politique de régler la situation des 40 derniers prisonniers de Guantanamo, certains d’entre eux risquent d’y finir leurs jours.

«Le centre de détention pour les détenus de grande valeur connaît des problèmes structurels et des pannes de système qui, si on ne les règle pas, pourraient représenter un risque pour les gardiens et les détenus», a indiqué la Maison-Blanche dans une lettre aux élus du Congrès pour leur demander des fonds supplémentaires pour Guantanamo.

«Il ne répond pas non plus aux besoins d’une population qui vieillit», précise le document.

Le Pentagone ne publie pas d’informations sur les détenus de Guantanamo, mais certains documents publiés par WikiLeaks et le New York Times permettent d’en savoir un peu plus sur eux.

L’âge moyen des prisonniers est de 46 ans et demi. Le plus âgé est le Pakistanais Saifullah Paracha, qui aura 71 ans en août.

Le plus jeune est le Saoudien Hassan Mohammed Ali Ben Attach, qui est né en 1985. Il avait 16 ou 17 ans lors de son arrestation en 2002, et il a donc aujourd’hui 32 ou 33 ans. Les documents ne fournissent pas toujours une date de naissance précise.

Ni le Pentagone ni la base de Guantanamo Bay n’ont accepté de commenter ces informations.

Rampes pour chaises roulantes

Le prisonnier le plus célèbre de Guantanamo, le «cerveau» présumé des attentats du 11 septembre, Khaled Cheikh Mohammed, a 53 ans. La moustache noire qu’il arborait lors de sa capture en 2003 est devenue une longue barbe grise qu’il teint aujourd’hui en orange.

Selon James Connell, l’avocat du Yéménite Ramzi ben al-Chaïba, qui est accusé de complicité avec Cheikh Mohammed, les responsables de la prison ont tenté récemment d’améliorer les conditions de détention des détenus les plus âgés.

«Certains des espaces destinés aux rencontres avec les avocats sont maintenant équipés de rampes pour chaises roulantes», indique-t-il à l’AFP. Des poignées ont été installées dans les toilettes pour aider les prisonniers à se relever.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) visite Guantanamo environ quatre fois par an pour s’assurer que la prison répond aux critères internationaux et pour évaluer la façon dont les prisonniers sont traités.

«Nous sommes activement engagés dans un dialogue avec les autorités américaines» sur les besoins médicaux des détenus, indique à l’AFP un porte-parole du CICR à Washington, Marc Kilstein.

Les détenus âgés souffrent fréquemment de maladies chroniques qui peuvent être exacerbées par le confinement: insuffisances cardiaques, diabète, maladies du foie, problèmes cognitifs.

Un coût massif

Les contribuables américains ont déjà déboursé plus de 450 millions $ par an pour maintenir ces prisonniers à Guantanamo Bay.

Ce chiffre ne peut qu’augmenter avec leur vieillissement, car les États-Unis ont «pour obligation de leur accorder un traitement médical, conformément aux lois internationales», explique à l’AFP Daphne Eviatar, d’Amnesty International.

Certains détenus étaient déjà en mauvaise santé lorsqu’ils sont arrivés à Guantanamo, que ce soit pour avoir subi des tortures, à cause du conflit ou en raison de leurs mauvaises conditions de vie, note-t-elle.

Mais le Congrès n’autorise pas les détenus malades à se faire soigner aux États-Unis.

L’an dernier, le Pentagone a ainsi envoyé à Guantanamo un IRM mobile loué pour la modique somme de 370 000 $, selon le Miami Herald.

Sur les 40 détenus de cette prison militaire américaine, cinq ont été formellement inculpés d’avoir participé aux attentats du 11 septembre, mais leur procès n’avance pas.

Deux détenus ont été inculpés d’autres crimes et deux autres ont été condamnés. En outre, cinq prisonniers ont été déclarés libérables par l’ex-président Barack Obama, mais son successeur Donald Trump a suspendu le processus et veut envoyer de nouveaux détenus à Guantanamo.

La majorité des prisonniers (26) n’ont jamais été inculpés, mais ils sont considérés comme trop dangereux pour être libérés.

Depuis son ouverture en 2002, neuf prisonniers sont morts à Guantanamo, l’armée évoquant généralement des suicides.

Monde

Et si le procès Weinstein demeurait l'exception?

LOS ANGELES — L’arrestation du producteur déchu Harvey Weinstein à New York, vendredi, représente un moment marquant pour le mouvement #MeToo, mais son cas pourrait demeurer une exception alors que des obstacles légaux rendent difficile le dépôt d’accusations contre d’autres vedettes hollywoodiennes visées par des allégations d’inconduite sexuelle.

Des hommes comme Kevin Spacey et Mario Batali font toujours l’objet d’enquêtes, mais les prochaines accusations déposées en lien avec la vague de dénonciations pourraient bien viser encore une fois Harvey Weinstein.

L’ex-magnat du cinéma demeure dans le collimateur des enquêteurs à Los Angeles et à Londres.

Selon Stacey Honowitz, une procureure qui a mené de nombreux dossiers de crimes sexuels dans le comté de Broward, en Floride, il est très peu probable que les autorités des autres juridictions abandonnent leurs enquêtes parce qu’un procès est déjà prévu à New York.

D’après Mme Honowitz, il est même fort probable que les procureurs redoublent d’ardeur en sachant qu’ils ont en main un dossier qui peut mener à des accusations.

L’experte mentionne aussi qu’il ne faut jamais tenir pour acquis que les accusations vont mener à une condamnation. D’ailleurs, Harvey Weinstein a plaidé non coupable vendredi à une accusation de viol et un autre crime de nature sexuelle à New York.

«Personne ne va mettre la pédale douce. Personne ne va lancer la serviette et laisser New York s’occuper du dossier», insiste Me Stacey Honowitz qui rappelle l’importance de la «force du nombre».

Un autre expert, le professeur Stanley Goldman de la Loyola Law School à Los Angeles, croit que la condamnation de Bill Cosby, le mois dernier, a sans doute eu un effet d’entraînement pour encourager les procureurs à déposer des accusations dans de vieux dossiers. Les crimes reprochés à Bill Cosby remontaient à 2004.

«Je pense que la condamnation de Bill Cosby leur donne réellement espoir que l’atmosphère a changé et que les vieux dossiers où les faits sont difficiles à prouver ont peut-être plus de chances de réussite aujourd’hui», a expliqué M. Goldman vendredi.

Malgré tout, les allégations du mouvement #MeToo demeurent difficiles à démontrer en cour.

En décembre, la police de Los Angeles a révélé qu’elle enquêtait sur 27 personnalités du monde du spectacle, mais personne n’a encore été arrêté. Les procureurs du comté de Los Angeles ont même mis sur pied une équipe extraordinaire en novembre pour étudier les dossiers, mais aucun n’a encore pu se concrétiser par des accusations.

Le plus grand obstacle auquel font face les autorités demeure le délai de prescription qui s’applique à de nombreux cas cités par les mouvements #MeToo et Time’s Up puisque de nombreuses victimes ont mis des années à trouver le courage d’aller de l’avant et de briser le silence pour dénoncer leur agresseur.

Des centaines de femmes ont notamment affirmé avoir été victimes de gestes à caractère sexuel posés par l’auteur et réalisateur James Toback. Les procureurs ont toutefois refusé de déposer des accusations contre lui en avril dernier après la révision de cinq dossiers. Dans chaque cas, le délai de prescription avait été écoulé selon les procureurs.

La Californie a récemment éliminé le délai de prescription pour les accusations de viol, imitant d’autres États. La loi devient donc plus favorable pour les futurs dossiers, mais les cas qui précèdent le changement de législation ne sont pas admissibles.

Politique

Manon Massé à livre ouvert

MONTRÉAL — La coporte-parole de Québec solidaire Manon Massé a des mots durs pour le Parti québécois et son chef dans un livre qu’elle vient de publier, décrivant Jean-François Lisée comme un «habile tacticien toujours en train de réfléchir deux ou trois coups en avance».

À l’instar de plusieurs politiciens en période préélectorale, la députée solidaire a publié la semaine dernière un ouvrage qui parle de sa vie et de ses idées politiques.

Dans l’un des chapitres, elle revient sur la fameuse proposition d’alliances électorales avec le Parti québécois (PQ), que son parti avait finalement rejetée lors d’un congrès en mai 2017. Mme Massé avait voté contre, mais elle s’est rarement prononcée personnellement sur cette question.

La députée solidaire, qui est aussi candidate au poste de première ministre du Québec, se montre réticente à s’allier au PQ, rappelant les «promesses brisées du gouvernement Marois»: l’indexation des frais de scolarité, le maintien de la taxe santé et l’augmentation des tarifs d’Hydro-Québec.

Elle s’en prend aussi à M. Lisée qui, selon elle, a «flirté» avec la démagogie pendant la course à la direction du PQ «en brandissant le spectre des AK-47 sous les burqas».

Elle ajoute que le chef péquiste «est à gauche un jour et à droite le lendemain».

«Une fois arrivé au pouvoir, le PQ serait-il un gouvernement “progressiste et souverainiste”? On en a vu d’autres», a écrit la députée solidaire.

«La démocratie n’est pas à mes yeux une simple partie d’échecs, et la stratégie nous fait parfois chambrer avec de drôles d’oiseaux», avait-elle soutenu une page plus tôt.

Un récit de vie

Même si Mme Massé dit dans son premier chapitre qu’elle n’a pas voulu faire de ce livre une autobiographie, il en a tout l’air.

Dans son ouvrage de quelque 170 pages, la «fille de Windsor» raconte avec un langage parfois familier les premières années de sa vie, marquées notamment par la discrimination, étant donné qu’elle était «déjà à cet âge-là tomboy».

La députée, une ancienne travailleuse communautaire, parle aussi de son cheminement spirituel, et du jour où elle a annoncé à ses parents qu’elle était lesbienne.

«Mon père s’éclaircit la gorge et m’annonce d’un ton solennel: “Fille, tu fais ce que tu veux dans la vie, mais sache que c’est contre nature et que je ne veux pas de ça sous mon toit”», a-t-elle écrit.

«Ma pauvre maman a dû aller à la confesse au moins 28 000 fois cette année-là, tellement elle se sentait responsable!»

La députée glisse aussi un mot sur ses deux enfants, qu’elle a adoptés lors de sa relation avec Alexa Conradi, l’ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ).

La moustache, un lourd symbole

Dans un chapitre intitulé «Rire dans sa moustache», Manon Massé a aussi abordé de front un sujet qui fait beaucoup jaser: sa moustache.

Plusieurs, dont l’animateur Denis Lévesque, l’ont invitée à aller chez l’esthéticienne pour se débarrasser de ses poils blancs, a-t-elle rappelé.

Mais elle refuse, dit-elle, car «l’apparence est un champ de bataille». «Ici aussi, le pouvoir pointe son vilain nez, des gens cherchent à exercer leur domination sur d’autres.»

«J’assume complètement ma différence, même si je sais que ça rend beaucoup de gens inconfortables», a-t-elle expliqué.

«Pendant très, très longtemps, elles [des femmes] se sont fait dire d’aller chez l’esthéticienne et de s’occuper de ces poils qu’on ne saurait voir, de s’habiller d’une certaine façon, court, mais pas trop court, “parce que là, tu fais juste chercher le trouble”», a-t-elle ajouté.

Un rêve qui remonte à longtemps

En 1994, alors qu’elle est animatrice communautaire, Manon Massé se fait demander quel est son rêve le plus fou. Sa réponse? Devenir première ministre du Québec.

«Nous sommes 12 ans avant l’émergence de Québec solidaire et 20 ans avant mon élection à l’Assemblée nationale», a-t-elle souligné.

«Pour moi, à l’époque, être première ministre, c’est d’avoir les moyens politiques et économiques d’orchestrer une vaste campagne d’éducation populaire à l’échelle du Québec et permettre à tout le monde de cheminer dans leur compréhension du monde, de systèmes d’oppression et de leur donner les outils nécessaires pour le changer», a-t-elle indiqué.

Monde

Des Irlando-Canadiens célèbrent le résultat du référendum sur l’avortement

MONTRÉAL — Ce n’est pas la distance de quelque 7000 km qui aurait empêché Michelle Sweeney de se rendre à Dublin pour voter vendredi lors du référendum historique portant sur le droit à l’avortement.

La résidente de Vancouver a payé plus de 1500 $ pour ce voyage de trois jours vers son pays natal. À l’instar de plus de 66% de l’électorat, elle a voté pour le retrait de l’amendement constitutionnel qui interdisait pratiquement l’avortement dans ce petit pays européen.

Âgée de 25 ans, Mme Sweeney avait milité pour qu’un tel référendum ait lieu avant de quitter l’Irlande pour venir s’installer au Canada, il y a 18 mois.

«Cela en a valu la peine. Cela en aurait voulu la peine uniquement pour assister à cet événement», a-t-elle dit alors qu’elle s’apprêtait à embarquer dans l’avion qui la ramenait en Colombie-Britannique.

«Les Irlandaises n’ont jamais été traitées comme des citoyennes à part entière. Dorénavant, nous avons obtenu notre autonomie physique et nous pouvons faire nos propres choix», a-t-elle ajouté.

Mme Sweeney n’a pas été la seule expatriée à revenir en Irlande pour participer au référendum.

Pour plusieurs, il s’agissait d’un voyage symbolique en raison du nombre d’Irlandaises qui ont dû se rendre en Grande-Bretagne pour obtenir un avortement.

Plusieurs ont partagé leur itinéraire sur Internet. D’autres ont affiché des photos prises avec d’autres électrices dans les aéroports. Un certain nombre portait un chandail avec l’inscription «Repeal» (révoquer l’amendement), qui est devenu le symbole de la campagne référendaire.

Politique

François Gendron en a assez de la «clipette»

DRUMMONDVILLE — Le député François Gendron déplore que les médias ne parlent pas suffisamment des propositions de fond des uns et des autres, ce qui aurait nui selon lui au Parti québécois jusqu’ici. «La clipette prend trop de place», a-t-il laissé tomber.

M. Gendron espère qu’il en sera autrement à partir de dimanche, alors que son parti dévoilera sa plateforme électorale. Elle reprendra les éléments centraux du programme adopté en septembre par les délégués du 17e Congrès du Parti québécois.

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En matière de langue d’enseignement, par exemple, les délégués péquistes avaient accepté d'offrir aux cégépiens francophones démontrant une bonne maîtrise du français la possibilité «de suivre au cégep un parcours en anglais enrichi», parcours «qui pourra comporter une session dans un cégep anglophone».

Les mêmes militants avaient exigé qu'un éventuel gouvernement péquiste s'assure «que le financement des cégeps anglophones réponde en priorité aux besoins de la communauté historique anglophone et, par conséquent, qu'il soit graduellement aligné sur le poids démographique proportionnel de cette communauté».

Les plans en santé

Pour répliquer au plan en santé de la Coalition avenir Québec, la députée Diane Lamarre a présenté aux délégués du Conseil national le programme de son parti dans ce domaine névralgique. Il s’appuie entre autres sur le «décloisonnement professionnel», l’«amélioration de l’accès à la première ligne» et un investissement massif et urgent dans le soutien à domicile. Il s’agit en fait du plan qu’a dévoilé le Parti québécois en novembre dernier. Mme Lamarre voulait rappeler qu’il existe déjà.

Celui de la CAQ est «farfelu» et a été pensé pour «aller chercher des votes», a-t-elle dit en jugeant peu crédible la promesse caquiste de «réduire le temps d’attente aux urgences avant de voir un médecin à 90 minutes en moyenne d’ici quatre ans».