TLMEP: une soirée au féminin

Deux ans plus tard, le maelström autour de Julien Lacroix continue à susciter de vives réactions.

Un plateau presque uniquement composé de femmes a alimenté les discussions, dimanche soir, à Tout le monde en parle. De l’affaire Lacroix à la grossophobie dénoncée par l’humoriste Christine Morency, en passant par la frénésie de Noël et les ravages de la COVID longue, un discours féminin a tenu le haut du pavé à la grand-messe du dimanche soir.


Deux ans plus tard, le maelström autour de Julien Lacroix continue à susciter de vives réactions. Le reportage paru dans La Presse cette semaine, qui remettait en doute le travail d’enquête du Devoir au sujet des allégations d’inconduites sexuelles portées contre l’humoriste, a lancé les discussions en lever de rideau.

La journaliste et chroniqueure de La Presse, Isabelle Hachey, n’a pas vu de fautes journalistiques dans l’enquête du Devoir, mais aurait aimé pouvoir discuter avec son auteure, Améli Pineda, ce que Le Devoir a refusé, préférant obtenir les questions au préalable. Selon la journaliste, les enquêtes sur le mouvement #MoiAussi remontent à seulement cinq ans, d’où l’importance de «se questionner sur les risques de dérapage». 

Geneviève Morin, l’ex-conjointe de Julien Lacroix, a vécu comme «un choc» l’article du Devoir, comme si elle protégeait «un monstre». Avec le recul, elle a dit s’être sentie «dépossédée» de son histoire. «C’est parti dans tous les sens à cause des médias et des réseaux sociaux», a indiqué celle qui dit «ne pas avoir une réponse claire sur son cheminement personnel».

Selon Marie-Ève Tremblay, journaliste et chroniqueure à la station 98,5, la justice réparatrice pourrait s’avérer une avenue possible pour les victimes qui hésitent à faire appel «à la justice traditionnelle». Le concept consiste à lancer une discussion avec son agresseur.

Geneviève Morin en fait l’expérimentation avec Julien Lacroix. «Je l’ai écouté, j’ai entendu des mots qui m’ont fait du bien. J’ai vu quelqu’un qui a fait des erreurs. Ç’a m’a enlevé un poids sur les épaules», a-t-elle avoué.

Pour sa part, Jenny Charest, directrice générale du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels de Montréal (CAVAC), a dit craindre que les tempêtes soulevées par ces dénonciations tous azimuts en viennent à inciter les victimes à ne plus dénoncer les agresseurs.

Les ravages de la COVID longue

La microbiologiste et infectiologue Caroline Quach, la Dr Anne Bhéreur et l’entrepreneure Julie Joyal

Dans un segment enregistré avant l’émission en raison leur santé fragile, la Dr Anne Bhéreur et l’entrepreneure Julie Joyal sont venues expliquer comment la COVID longue a chamboulé leur existence.

Épuisement, fatigue extrême, difficultés respiratoires, brouillard mental, autant de symptômes qui affectent les deux femmes. C’est d’une voix éraillée et avec le souffle court, conséquences de la maladie, que la Dr Bhéreur a expliqué qu’un Canadien sur cinq qui avait contracté le virus continue à vivre avec ces dommages collatéraux un an plus tard.

«Le plus accablant, c’est la fatigue», a mentionné Julie Joyal, qui a été forcée de mettre ses projets professionnels sur pause tellement elle est en manque d’énergie. Même chose pour la Dr Bhéreur qui, incapable de pratiquer en cabinet, se consacre maintenant à la recherche sur cette maladie.

Pour la microbiologiste et infectiologue Caroline Quach, le port du masque dans les endroits achalandés demeure un moyen d’éviter non seulement une infection à la COVID, mais aussi le virus de l’influenza qui fait déborder depuis quelques semaines les urgences pédiatriques de la province. Pour la scientifique, cette mesure permet «de protéger les plus vulnérables», en l’occurrence les jeunes enfants. «Ce n’est pas le temps de faire un shower (de bébé) avec 50 invités.»

Le mystère Cazes

Les journalistes Simon Coutu et Monic Néron avec Danielle Héroux, mère d'Alexandre Cazes

Très mystérieuse histoire que celle d’Alexandre Cazes, un jeune informaticien de Trois-Rivières accusé par le FBI d’être à l’origine du plus gros marché transactionnel du dark web, Alpha Bay, et qui a été retrouvé mort dans une cellule à Bangkok, en Thaïlande, en juillet 2017, dans l’attente de son extradition.

Les journalistes Monic Néron et Simon Coutu ont mené l’enquête dans le documentaire Alpha_02 : Le mystère Alexandre Cazes, en ligne sur l’Extra de Radio-Canada le 22 novembre.

Oeuvrant dans le web profond sous le pseudonyme de Alpha_02, Alexandre Cazes aurait réussi à amasser une fortune en cryptomonnaies évaluée à 23 millions $ grâce à un pourcentage perçu sur chaque transaction de drogues et d’armes. Il menait «un train de vie luxueux», a avancé Monic Néron.

C’est une «erreur de débutant», dans un courriel, qui aurait permis aux enquêteurs de remonter jusqu’à lui, a pour sa part précisé Simon Coutu.

Avertie en pleine nuit par la GRC de l’arrestation de son fils unique, Danielle Héroux a cru sur le coup à «une erreur sur la personne», lui qui s’est toujours dit contre la drogue.

Boucar le sage

Boucar Diouf

On ne se lasse jamais d’écouter les propos de Boucar Diouf, toujours empreints d’une grande sagesse. Ç’a été encore le cas dimanche soir, alors que l’humoriste et biologiste, est venu parler de son spectacle Nomo Sapiens, où il s’interroge sur la place de l’espèce humaine sur la planète.

«La nature a inventé l’intelligence naturelle, l’être humain, et celui-ci a inventé l’intelligence artificielle qui est en train de se retourner contre lui», a-t-il expliqué de tout ce qui s’écrit sur Twitter, Facebook et compagnie. Selon lui, il va falloir un «grand travail de fond des gouvernements» afin d’encadrer les discours de violence sur les réseaux sociaux, «ça ne peut plus continuer comme ça».

Au sujet du décès de sa mère, disparue il y a un an, Boucar Diouf a tracé un parallèle entre elle et les matriarches éléphants qui guident leurs clans. Lorsque ce pilier disparaît, le groupe devient désorganisé, idem pour les humains. «Ma mère, c’était l’aiguille qui rapiéçait le tissu familial», a-t-il confié.

Fidèle à son habitude, l’attachant humoriste a cité à quelques reprises son grand-père qui demandait à ses proches d’avoir la résilience du palmier lorsque le vent se lève. Au sujet de la mort, constamment entrelacée avec la vie, Boucar Diouf a eu cette touchante réflexion de la trace que laissent les défunts : «Un homme ne meurt que lorsque les humains l’ont oublié.»

Bientôt Noël

India Desjardins, Guylaine Tremblay, et Bianca Gervais sont venues parler du long-métrage <em>23 décembre,</em> qui prend l’affiche en salle vendredi.

Elles étaient encore trois femmes pour parler du long-métrage 23 décembre, qui prend l’affiche en salle vendredi. Ce film choral, où une galerie de personnages vivent des mésaventures pendant la frénésie de Noël, tient son origine d’une histoire vraie vécue par l’auteure India Desjardins, lorsque son beau-père a été victime d’un malaise cardiaque à cette période de l’année. «J’avais l’impression de vivre un film de Noël qui se déroulait sous mes yeux.»

Guylaine Tremblay, qui interprète la mère de la scénariste dans cette comédie, a décrit son personnage comme celle qui veut organiser le plus merveilleux Noël pour sa progéniture. «Elle n’a pas de limites sur les décorations et les recettes.»

Toujours dans l’esprit des Fêtes, Bianca Gervais, également de la distribution, célébrera avec son conjoint Sébastien Diaz les 40 ans de Ciné-Cadeau. La comédienne présente Les Gervais-Diaz fêtent Ciné-Cadeau comme un «get together» où le couple partagera avec des amis des souvenirs reliés à cette émission culte qui a «bercé son enfance».

Un Billet d’or pour Christine Morency

La grossophobie est un sujet que l’humoriste Christine Morency aborde sur scène, mais aussi dans la télésérie documentaire dont elle fait l’objet à la chaîne Z. 

Dernière invitée de la soirée, Christine Morency est venue discuter de son premier spectacle solo intitulé Grâce, un clin d’oeil à l’homonyme qui renvoie à sa forte corpulence. La grossophobie est d’ailleurs un sujet que l’humoriste au rire contagieux aborde sur scène, mais aussi dans la télésérie documentaire dont elle fait l’objet à la chaîne Z.

Son poids est la cible de plusieurs commentaires violents sur les réseaux sociaux. «Ça sert à quoi toute cette haine? C’est la seule forme de méchanceté qui est autant acceptée, a-t-elle dénoncé. Que tu me trouves belle ou pas, ça me dérange pas, mais j’ai droit au respect et c’est fondamental»

«On peut rire de tout», même des inconduites sexuelles, mais tout est «dans la manière et l’art de le faire», a ajouté celle qui se décrit comme la «cousine un peu loud qui sacre et qui parle de cul».

L’ancienne intervenante communautaire auprès des itinérants a expliqué avoir quitté son métier après un burn-out. «Essayer de sauver le monde pour un salaire misérable, 12 dollars de l’heure, ça devient pesant.»

À la toute fin de l’émission, l’humoriste de 36 ans a eu la surprise d’apprendre que son spectacle, dont la première aura lieu cette semaine, est déjà sacré Billet d’or remis par l’ADISQ. Cinquante mille billets ont déjà été vendus.