Le monde agricole dans la mire de Ferme-Médic

Président et fondateur de l'entreprise Réanimation Sauve-Vie, Sylvain Blanchard a mijoté le projet Ferme-Médic durant plus de sept ans.

Chaque année, des accidents surviennent dans des fermes du Québec. Et chaque année, les intervenants d'urgence se précipitent sur les lieux, sans toutefois posséder toutes les compétences requises. Pour mieux les outiller à faire face aux accidents agricoles et sensibiliser les agriculteurs aux dangers de leur métier, le programme de formation Ferme Médic vient de voir le jour.


Ambulancier de carrière, Sylvain Blanchard est à la tête de l'entreprise Réanimation Sauve-Vie. Durant plus de sept ans, il a mijoté le projet de Ferme-Médic, le premier du genre au Canada.

Après avoir recueilli des bribes d'expertise en Caroline du Sud, il a élaboré une formation destinée aux agriculteurs et aux intervenants d'urgence d'ici.



«Je voulais le faire dans un milieu rural, près de la réalité. C'est axé sur la formation, la prévention et l'éducation», note M. Blanchard. Les cours pratiques et théoriques, d'une durée totale de 12 heures, ont donc lieu chez lui, sur un vaste terrain à Saint-Joachim-de-Shefford.

De toute évidence, il y a là un marché et un besoin. «On a des lacunes dans le sauvetage agricole. Ça n'arrive pas régulièrement, mais quand ça arrive, c'est souvent très grave, voire mortel. Un tracteur, un silo, une vis sans fin... On est moins habitués à ça qu'à un accident de voiture sur l'autoroute, confirme l'instructeur pompier Michel Ouellette, qui agit comme formateur chez Ferme-Médic. Les pompiers du Québec ne savent pas quoi faire dans de telles situations, car ils ne sont pas formés pour ça.»

Une vingtaine de décès par année

Les statistiques provinciales sont peu reluisantes. «De 1989 à aujourd'hui, il y a eu peu ou pas de diminution des décès. Ça touche dix fois plus d'hommes que de femmes et l'âge moyen est de 40 ans», note M. Blanchard. Selon les données qu'il possède, au cours des cinq dernières années, 58 décès «agricoles» sont survenus sur les routes (lors d'accidents de tracteurs), alors que 57 ont eu lieu directement à la ferme.



Tous les détails dans notre édition de mercredi

Abonnez-vous à La Voix de l'Est