Onde de choc chez les employés d'AirBoss

La direction de l'usine confirme que des mises à pied seront effectuées. Elle ne veut toutefois pas dire combien de travailleurs seront affectés et si le quart de soir disparaîtra.

La compagnie AirBoss produits d'ingénierie éliminera le quart de travail de soir à son usine d'Acton Vale, le 27 octobre. Elle licenciera du coup 67 de ses employés.


Les travailleurs ont appris la mauvaise nouvelle vendredi dernier. «J'ai reçu un appel vers 14h, avant que j'aille travailler. Ils (la direction) m'ont dit que le quart de travail de soir allait disparaître», raconte Stéphane Laplante, à l'emploi de l'entreprise depuis 11 ans. «Ce n'est pas le fun pour personne.»

Selon M. Laplante, l'élimination du quart de travail de soir coïncidera avec la fin en novembre du contrat de cinq ans liant AirBoss avec l'armée américaine. Le contrat prévoyait la fabrication de 800 000 paires de bottes pour chausser les soldats américains.

Des discussions seraient en cours pour renouveler le contrat, souligne M. Laplante. Mais la quantité de bottes à produire serait revue à la baisse. «Ce qu'on nous dit, c'est qu'on en ferait entre 500 000 et 700 000. Mais on ne sait pas quand ça va être annoncé.»

Bien qu'un nouveau contrat puisse être conclu, ça ne veut pas dire que tous les employés touchés seraient rappelés au travail, croit M. Laplante. «À 500 000 paires, le quart de jour est capable de les produire», estime-t-il. Plusieurs travailleurs licenciés pourraient donc devoir se trouver du travail ailleurs.

L'effet d'une bombe

Au Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, qui représente quelque 200 employés syndiqués de l'usine, la décision de l'employeur a eu l'effet d'une bombe. «On savait qu'il y aurait des mises à pied. Mais on ne s'attendait pas à ce que ça soit aussi draconien», s'étonne Suzanne Deslandes, présidente du local 480 du SCCEP.

Rencontrée hier sur place, Mme Deslandes n'a pas voulu commenter plus avant. Elle se donne quelques jours pour analyser davantage la situation. «On va rencontrer la direction cette semaine pour avoir plus d'information», explique-t-elle. Mme Deslandes veut entre autres choses savoir si et quand un comité de reclassement sera mis sur pied. «On va prendre ça une journée à la fois.»

La direction de l'usine confirme que des mises à pied seront effectuées. Elle ne veut toutefois pas dire combien de travailleurs seront affectés et si le quart de soir disparaîtra.

Le directeur des ressources humaines, Gilles Simard, s'est limité à dire que l'entreprise fera le point sur la situation seulement la semaine prochaine. Des «choses positives» allaient être annoncées bientôt, a-t-il ajouté, se refusant à être plus précis.

Chose certaine, la perspective de se lancer à la recherche d'un nouvel emploi ne ravit personne. Surtout, fait remarquer Stéphane Laplante, que le contexte économique est difficile dans la région d'Acton Vale.

«On va devoir recommencer à neuf. Ça ne sera pas drôle.»

Les travailleurs d'AirBoss gagnent en moyenne 20$ de l'heure.