D'aéroport à centre de la nature

Avant d'accueillir les amants de la nature dans les sentiers du CINLB, l'endroit a abrité un aéroport.

Le Centre d'interprétation de la nature du lac Boivin (CINLB) à Granby a 30 ans cette année. Et son histoire est aussi riche que ses multiples attraits naturels. Retour sur la création de ce lieu qui attire aujourd'hui quelque 185 000 personnes annuellement.


Saviez-vous qu'avant d'accueillir les amants de la nature dans ses sentiers, le centre abritait... un aéroport? Et que le CINLB a été créé en même temps que le parc Daniel-Johnson par le défunt Comité d'aménagement du lac Boivin? Et que c'est avec des moyens limités que le centre a vu le jour?

L'homme d'affaires Gérald R. Scott se souvient bien de tout cela. C'est lui que le maire de l'époque, Paul O. Trépanier, avait mandaté pour présider le Comité d'aménagement du lac Boivin. Il siégeait sur celui-ci avec des représentants des Loisirs de Granby et du club des «bibittologues», devenu par la suite le Club Natural. C'est ce comité qui a décidé de créer le parc Daniel-Johnson pour y permettre la tenue d'activités récréatives et le CINLB pour l'observation de la nature.



«Je ne connaissais rien dans tout ça. Mais les bibittologues, eux, oui. Je n'ai fait que leur donner de la crédibilité. Je ne m'arroge aucun crédit», a raconté cette semaine M. Scott, à l'occasion d'une promenade sur les lieux avec La Voix de l'Est.

À cheval

Inévitablement, les souvenirs de M. Scott ont fusé au gré des pas. Ses liens sont multiples avec le site. «J'ai pris ma licence de pilote à l'aéroport ici», lance le président fondateur du CINLB. L'aventure de l'Aéroport de Granby, une entreprise privée à l'époque, s'est terminée peu de temps avant la création de la Régie aéroportuaire des Cantons-de-l'Est, à Bromont, régie administrée par les villes de Granby, Bromont et Cowansville.

Anecdote: c'est avec un cheval et non un tracteur que les premiers sentiers ont été tracés, se souvient M. Scott. Un enclos avait été aménagé sur place pour héberger l'animal, prêté par un citoyen. Une partie du site était déjà boisée. «Au début, on n'avait pas de budget. On avait eu des arbres du ministère de la Forêt du temps. On avait recruté des prisonniers. On avait fait la plantation en se disant qu'on allait un jour vendre du bois pour faire de l'argent.»



Aussi, c'est avec la structure d'un ancien centre de tir olympique que le pavillon d'accueil actuel a été construit. «C'est moi qui avais quêté ça, dit M. Scott. On a reçu beaucoup de dons. Les gens pensent que l'argent achète tout. Mais ce n'est pas vrai. Il y a toujours des façons de réaliser les bonnes idées. Les gens sont généreux quand on leur présente bien ça et quand les projets sont bons.»

Réussite

Aujourd'hui, M. Scott avoue mettre rarement les pieds au CINLB. Au fil des ans, il s'est très peu mêlé des affaires du Centre, sauf peut-être à une occasion, il y a cinq ans, lorsque l'administration municipale de l'époque avait songé confier les rênes de l'endroit au Zoo de Granby. Il avait alors publiquement fait connaître son opposition au projet.

«Ce n'était pas quelque chose que je favorisais, dit-il encore aujourd'hui. Mais que les élus réfléchissent à l'avenir du Centre, ce n'était pas mauvais en soi.»

Contrairement à ce que certains croient, le CINLB n'a jamais été «en danger», ajoute le président fondateur.

Et maintenant, quel avenir voit-il pour le Centre d'interprétation de la nature? «Que ça reste comme ça, je pense que c'est déjà une belle réussite», dit celui qui a toujours oeuvré à titre de bénévole pour l'endroit.