Nathalie Dupont rouée de coups

Selon la Couronne, l'accusé (à droite) vivait difficilement sa rupture avec sa conjointe, Nathalie Dupont.

Le procès de Scott Chase, accusé du meurtre prémédité de Nathalie Dupont, s'est ouvert hier au pa-lais de justice de Saint-Jean-sur-Richelieu, avec l'audition de trois témoins. Une conductrice est venue raconter qu'elle a vu la victime se faire rouer de coups, le matin du 14 juillet 2007, à Waterloo.


Sylvie Harvey se rendait à Waterloo, tôt en matinée, lorsqu'elle a vu une femme en pyjama traverser la rue devant elle. Un homme est alors sorti de la maison et a couru dans sa direction, a relaté le témoin. «Il l'a poignée par les cheveux et lui a donné un coup de poing. Il l'a tirée par les cheveux. La dame essayait de se déprendre», a-t-elle raconté.

 



Selon le témoin, elle aurait reçu une dizaine de coups, dont aux bras, au ventre et au visage.

La conductrice s'est avancée vers l'homme avec sa voiture. «Je lui ai dit: 'Lâche-la, mangeux de merde, ou je vais te rentrer dedans avec mon char'«, a-t-elle dit au tribunal.

L'accusé aurait alors riposté. «Il m'a dit: 'Toi, ma crisse de vache, tu fous le camp ou je vais te tuer'«, a-t-elle enchaîné.

Il se serait alors approché d'elle. Sylvie Harvey est montée dans sa voiture et a fait demi-tour.



Elle est rapidement revenue sur place, mais il n'y avait plus personne.

La dernière fois qu'elle a vu la victime, «elle me regardait, mais ne bougeait pas. Elle était en train de mourir», a-t-elle ajouté, la voix nouée par l'émotion.

En réponse aux questions de l'avocat de la défense, Me Martin Latour, Mme Harvey a expliqué qu'elle ne possédait pas de cellulaire et croyait qu'une autre personne aurait pu être alertée par les cris et contacter elle-même les policiers.

Lorsqu'elle a rencontré les policiers, quatre jours après les événements, elle n'a pu identifier le suspect sur les photos qui lui ont été exhibées, a soulevé Me Latour. Elle l'a identifié, hier, dans le box des accusés.

La procureure met la table

Plus tôt, la procureure de la Couronne, Me Caroline Fontaine, a présenté un résumé des faits qu'elle entend mettre en lumière au cours du procès, mettant la table pour ce qui a toutes les apparences d'un atroce drame conjugal.



Nathalie Dupont et Scott Chase, qui ont eu trois enfants ensemble, étaient séparés depuis le 3 juillet. L'accusé vivait difficilement cette rupture et il en avait parlé à des amis la veille du drame, selon Me Fontaine.

Dans son exposé, celle-ci a rapporté que le système d'alarme de la résidence occupée par la victime, rue Foster, avait été activé et rapidement désactivé à 5h28, le 14 juillet.

Elle a expliqué que la scène du crime s'était déplacée de la maison à un terrain avec marécage de la rue Foster. C'est là que la victime a été secourue. Nathalie Dupont devait finalement succomber à ses blessures à l'hôpital le lendemain.

Selon la procureure, l'accusé aurait dit à un des policiers intervenus dans le marécage: «Je viens de tuer ma femme». C'est à cet endroit que M. Chase a été arrêté.

Le juge André Vincent a toutefois précisé au jury que l'exposé de la procureure ne constituait pas une preuve, contrairement aux témoignages et aux pièces à conviction.

Couteau, ruban et vêtements

On a d'ailleurs appris, hier, que différents éléments de preuve avaient été saisis par les policiers. Un couteau qui manquait dans la cuisine a été retrouvé sur le plancher de la chambre à coucher de la victime. Un ruban à gommer blanc a été découvert dans le lit.

Des taches rougeâtres ont été découvertes sur un mur de la résidence et sur la poignée de la porte de la véranda accessible par la chambre à coucher. Dans le corridor, un téléphone sans fil en morceaux a été saisi.



«J'ai remis les piles dans le combiné et avec la fonction recomposition, les derniers chiffres composés étaient le 9 et le 1», a raconté le policier Robert Fortin, du service d'identité judiciaire de la Sûreté du Québec à Montréal.

Une robe de chambre portant une tache rougeâtre a été retrouvée sur le toit de la véranda. Dans le marécage, un pantalon de pyjama a été récupéré.

L'agent Fortin a aussi déposé 149 photos de la scène de crime et des blessures de Scott Chase. Il portait des égratignures au cou et une à la tête. Il était blessé au poignet et sous l'aisselle.

Le procès se poursuit aujourd'hui.